Abstention : la gifle démocratique et dégagiste

Tribune publiée le 21 juin sur le site de Marianne

La France a le feu aux joues. Parce qu’elle est bel et bien nationale, constatable et constatée – comment la manquer d’ailleurs – dans chaque canton, chaque département et chaque région, l’abstention massive et déflagratrice lors du double scrutin du 20 juin est une gifle démocratique infligée aux pouvoirs politiques, du gouvernement aux oppositions. Les mandatures locales ne protègent plus aujourd’hui de la sanction populaire : la colère a irrigué le pays tout entier pour marquer au plus près du terrain le désaveu citoyen qui frappe les écuries politiciennes et les mécanos institutionnels dont elles se sont dotées pour contourner la souveraineté populaire.

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Où en-sont les dynamiques populaires en Amérique du Sud ?

Dans ce 19ème épisode de Quartier constituant, nous recevions avec Manon Le Bretton le directeur de recherche à l’IRIS et spécialiste de l’Amérique du Sud Christophe Ventura pour faire le point sur les dynamiques populaires à l’échelle du continent et interroger leurs enseignements de ce côté-ci de l’Atlantique.

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Si rien ne bouge

Feuille constituante du 2 juin

Tous s’agitent mais rien ne bouge. Les irresponsables politiques multiplient les tactiques électoralistes, les faux-semblants de l’union et du rassemblement et les vrais retournements de vestes, les surenchères identitaro-sécuritaires et les économies de principes républicains. Trois sauts périlleux arrière, un salto et deux roulades avant, rien ne bouge pour autant. La scène politique est gelée, cryogénisée.

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Reprendre le contrôle : l’héritage du 29 mai 2005

Tribune publiée le 29 mai sur le site de Reconstruirehttps://www.reconstruire.org/reprendre-le-controle-lheritage-du-29-mai-2005/ à l’occasion du seizième anniversaire du rejet populaire par référendum du Traité constitutionnel européen (TCE).

Seize ans ont passé depuis ce 29 mai 2005, quand les Français rejetaient à près de 55% le traité constitutionnel européen (TCE) qui leur était soumis. Mais nous aurions tort de nous contenter de célébrer en ce jour ce retour de flamme populaire au passé. Le référendum de 2005 a en effet restructuré de manière durable l’espace politique en redéfinissant des lignes de faille qui sont depuis une décennie et demie l’objet d’âpres confrontations. Ce n’est dès lors pas un hasard si « le monde d’après » actuellement promu depuis l’Élysée consiste en un approfondissement paroxystique de la visée idéologique que le TCE se faisait fort d’imposer aux peuples. 

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4D pour une loi, mais pas celui de démocratie

Le 29 avril, j’étais l’invité de la conférence-débat organisée par République Souveraine autour de la loi 4D, décentralisation, déconcentration, différenciation, décomplexification, avec le directeur des études de l’institut Rousseau Benjamin Morel et l’universitaire Pierre Vermeren. Un échange riche à retrouver ci-dessous :

Principe d’irresponsabilité

Tribune publiée dans Marianne le 19 avril

S’il est un enseignement sur le plan démocratique de la situation sanitaire que nous connaissons depuis plus d’un an maintenant, c’est bien la déresponsabilisation des décideurs et ses effets induits sur le politique qui entrainent le corps politique des Citoyens, autrement dit la Nation, dans un puits sans fond.

Le hiatus de légitimité qui a sauté aux yeux de tous au moment du mouvement des Gilets jaunes, entre d’un côté une légitimité institutionnelle et élective, celle du président Macron, et de l’autre la légitimité populaire qui repose sur une souveraineté permanente et inaliénable, avait déjà conduit à un affaissement du consentement. Loin d’avoir été restauré par l’épisode sanitaire qui aurait pourtant pu jouer ce rôle comme toute crise avait jusque là été appelée à le faire (notons que le « chef de guerre » Macron s’est pourtant essayé à l’exercice, en vain), le consentement s’est radicalisé, tant dans son volet adhésion que dans celui du rejet. C’est qu’entre temps l’irresponsabilité du politique a été érigée et assumée en tant que méthode de gouvernement.

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