Cazeneuve à Matignon : la provocation faite au camp laïque

couverture-laiciteComme une ultime provocation adressée par François Hollande au camp laïque, Bernard Cazeneuve vient d’être nommé à Matignon ce mardi 6 décembre, date anniversaire de l’adoption par le Sénat de la loi de séparation des églises et de l’Etat, ultime étape parlementaire avant sa promulgation le 9 décembre 1905. Celui qui était jusque là ministre de l’intérieur et qui avait donc à ce titre en charge le ministère des Cultes s’est en effet ces derniers mois tristement illustré en matière de laïcité. A l’heure où derrière François Fillon la droite réactionnaire refait la jonction avec sa frange catholique la plus traditionnaliste, Bernard Cazeneuve apparaît au mieux comme une porte-tambour qui laissera le religieux réinvestir l’espace de constitution des libertés.    Lire la suite

Petit manuel de campagne à la primaire du PS

montebourg-valls-hamonLe casting en faisait déjà la resucée d’un congrès du PS. Voilà désormais que l’allant partagé par les comédiens pour l’art de la synthèse transforme la primaire en campagne des récolements. Manuel Valls est candidat pour « réconcilier » et « rassembler ». Arnaud Montebourg plaide pour  « se conjuguer » et « se concilier ». Quant à Benoît Hamon, sa participation permet selon lui de « légitimer » le résultat de la primaire. Foin des disputes politiques, la compétition électorale au PS réconciliera bien tous ceux-là par-delà leurs programmes. Lire la suite

Montebourg : de l’union des gauches à la fusion des gauches

valls-montebourgLe 30 octobre, dans le JDD, Arnaud Montebourg annonçait vouloir « réaliser l’union des gauches », proposant alors que Manuel Valls le rejoigne dans la primaire socialiste. Il  confirmait alors qu’il « accepterait le résultat de la primaire », et donc de se ranger le cas échéant derrière, à l’époque, François Hollande ou Manuel Valls. De François Hollande, il n’est plus question. Mais le renoncement de ce dernier libère le projet d’Arnaud Montebourg : dès le lendemain, au micro de France-Inter, celui-ci s’attelait en effet à faire glisser son projet « d’union des gauches » vers la fusion.   Lire la suite

Et pendant ce temps-là, Fillon…

Il n’aura pas fallu 24h pour que retombe le souffle de l’annonce par François Hollande qu’il ne sera pas candidat à sa succession à la présidence de la République. Les déclamations hypocrites du soir vantant « le courage », « la dignité », « le respect » et même pour Manuel Valls « l’affection », ont laissé la place au chaos du matin duquel toute la baronnie du PS cherche déjà à faire émerger un ordre vallsiste. « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère (…) C’est donc quelqu’un des tiens ». Seulement voilà : pendant ce temps-là, François Fillon sort lui les crocs. Lire la suite

Face à Fillon, le chaos ou l’insoumission

Drôle de week-end politique. François Fillon vient d’écraser la primaire de la droite. Dans le même temps, la constellation de la gauche gouvernementale s’en est donnée à cœur joie : Chaos a engendré Tartare et tous sont déjà perdus dans les abîmes du hollandisme.  Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise s’installent à l’inverse heureusement comme le pôle de stabilité dynamique comme en atteste le vote des militants communistes. Face à Fillon, il faudra choisir entre le chaos ou l’insoumission. Lire la suite

Le dégagisme de droite : une histoire de vieux pots et de recettes empoisonnées

fillonFrançois Fillon et Alain Juppé sont donc « qualifiés » pour le second tour de la primaire de la droite. Mais François Fillon a fait coup double. Il a aussi dès à présent plié le second tour et renvoyé Alain Juppé place Pey Berland dans sa mairie bordelaise. Bref, la droite s’est éprise du « Qu’ils s’en aillent tous » en dégageant les deux vainqueurs potentiels sur lesquels l’establishment avait parié, Sarkozy et Juppé. Mais parce que la droite demeure par essence conservatrice, elle ne se départit pas pour autant de tous les vieux pots pour préparer les recettes de demain. Elle a donc été repêcher François Fillon. Point trop n’en faut. Lire la suite

Quand le débat au PCF dérape contre Mélenchon

pierre-laurentRien ne nous sera épargné…alors que les militants communistes sont appelés à se prononcer cette semaine sur la candidature soutenue par leur parti à l’élection présidentielle, voilà qu’un organe du PCF, sa commission économique, excusez du peu, met en circulation un document à charge à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon et du programme de la France Insoumise intitulé : «Le programme de la France insoumise : des choix contraires à ce pourquoi nous combattons ». A charge donc car le document en question ne constitue pas un cadre d’analyse pour la discussion mais rien moins qu’un pugilat à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon présenté comme l’adversaire de classe à abattre. Lire la suite

Le Monde et l’effet miroir

imagesLe journal Le Monde joue les effarouchés ! Les sentencieux ne supportent pas que Jean-Luc Mélenchon demeure insoumis à leur système. Eux si friands du pilori de l’opinion n’acceptent pas l’effet de miroir que leur renvoie le candidat de la France Insoumise : lui effectue le travail de décryptage et d’analyse de leurs propos, de leurs méthodes et de leur façon de faire que leur basculement du journalisme à la propagande leur a fait oublier dans leurs propres papiers. Alors Le Monde gesticule, tonne, menace : « attaques inacceptables », « insulte », « provocation », « attaques en justice ». Les disqualifiés témoignent à leur corps défendant que la réponse de Jean-Luc Mélenchon a mis au but. Lire la suite

Inertie américaine

trump-clintonTrump a gagné, Clinton a perdu, les médias ne l’avaient pas vu venir, tel est le résumé autorisé de la séquence électorale américaine. Seulement voilà, la cécité préalable des anciens faiseurs d’opinion n’a d’égal que leur aveuglement postérieur. Il faudrait qu’après la psychologisation à outrance des deux candidats durant la campagne, le résultat du vote soit affaire d’affects individuels des électeurs : la colère nous dit-on sur tous les tons ! A refuser de voir le moment populaire qui vient et qui est, le vieux monde finit de s’effondrer dans un entre-soi crépusculaire. Les « Clinton » d’ici et d’ailleurs ne sont d’aucun secours pour s’opposer où que ce soit aux « Trump ». Lire la suite

Débat mérite raison

urrneLa conférence nationale du PCF a voté ce samedi 5 novembre. Elle a privilégié pour la présidentielle le choix d’une candidature communiste au rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise. Tout en votant à côté de cela une résolution faisant du « rassemblement » son « fil conducteur », selon les termes de son secrétaire national Pierre Laurent. Dont acte donc. Il est pour autant permis de s’interroger sur le sens et donc le genre de décision dont il s’agit là. Lire la suite