Drahi, Lagardère : jeux de rôle autour de Macron

Cela pourrait prêter à sourire si l’enjeu ne revêtait pas une telle importance : dans son édition du 26 mars, le Journal du Dimanche (JDD), propriété du groupe Lagardère et chasse gardée de M. Macron, publie un papier sous la plume de Guillaume Rebière pour tenter d’éteindre l’incendie qui touche le dit M. Macron pour ses liens avec les magnats de la presse et cette fois M. Drahi. La Caste des faiseurs d’opinion se serre les coudes pour mener son champion à bon port. Lire la suite

Bruno Le Roux ou l’inefficience des contrats moraux pour restaurer la vertu

Le parquet national financier (PNF) vient d’ouvrir une enquête préliminaire sur l’emploi comme collaboratrices parlementaires de ses filles par Bruno le Roux pour 24 CDD et des salaires cumulés de 55.000 €. S’il fallait encore une preuve que l’engagement moral des uns ou des autres est un leurre pour la démocratie, elle vient de nous être apportée sur un plateau d’argent par le ministre de l’intérieur. Lire la suite

Un débat, deux dégâts, trois choix

A l’heure où les « décodeurs » en tous genres cherchent à techniciser les commentaires pour lisser les programmes et les prestations des candidat-e-s, l’évaluation du débat conserve néanmoins une grande dimension subjective. Au final, par-delà le caractère performatif de tel ou tel argument, c’est souvent une toile de fond impressionniste qui fait ressortir la cohérence et la force de conviction de l’un et l’égarement de l’autre. Retour sur le débat présidentiel de ce lundi 20 mars.   Lire la suite

Fillon, Le Pen, Macron : la fraude corrompt aussi la démocratie

Fraus omnia corrumpit, la fraude corrompt tout selon l’expression consacrée en droit. Le jour même où la sous-évaluation supposée de son patrimoine rattrapait Mme Le Pen, M. Fillon était mis en examen notamment pour détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux. Avant qu’une heure après le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour favoritisme dans un dossier concernant M. Macron. Fillon, Le Pen, Macron, les trois favoris du système nourrissent désormais plus les gazettes judiciaires que les éditoriaux politiques. Fraus democratiam corrumpit , la fraude corrompt aussi la démocratie selon l’expression désormais consacrée en politique. Lire la suite

Fillon : le contrat et la morale contre la Loi et la vertu

François Fillon présentait lundi 13 mars son « projet pour la France ». Si la mise à l’amende des salariés par la fin des 35 heures et la retraite à 65 ans, la ponction dans les poches des Français par la hausse de la TVA, ou encore la saillie contre les fonctionnaires ont à juste titre retenu l’attention, la proposition de François Fillon de mettre en place un « code de conduite des membres du gouvernement » est passée plus inaperçue. Elle mérite pourtant qu’on s’y arrête car il n’est pas anodin qu’une fois encore François Fillon préfère le contrat et la morale à la Loi et à la vertu, la Vème République qui s’effeuille à la 6ème qui sort de terre. Lire la suite

Terraformation politique

fillon-2Des anathèmes jetés le dimanche par François Fillon à la face de ses collègues de parti au Trocadéro, en passant par la mise en accusation politique du candidat le lendemain par l’ex-successeur désigné Alain Juppé, c’est au tour de LR, Les Républicains, d’imploser durablement avant même que la campagne présidentielle ait entamé son sprint final.  Après EELV, le PS, le Modem et l’UDI, LR est l’ultime vestige du temps ancien à se disloquer en quelques semaines. On aurait tort d’y voir une coïncidence. Et de penser que tout pourrait continuer comme avant. Car l’offre électorale s’en trouve instantanément redistribuée autour de trois pôles qui vont désormais structurer le débat public jusqu’au jour du scrutin et au-delà : la préférence nationale de Mme Le Pen, l’individualisme libéral de M. Macron, et l’humanisme émancipateur propagé par Jean-Luc Mélenchon.  Lire la suite

Fillon achève la Vème république

francois-fillon-52_5461790En les regardant droit dans les yeux, M.Fillon est venu annoncer ce midi aux Français qu’il maintenait sa candidature malgré sa mise en examen qui lui sera notifiée dans le bureau du juge le 15 mars prochain. Pour tenter de justifier l’injustifiable, M. Fillon ne s’est pas contenté de se parjurer. A l’abri de cette Vème République agonisante, il a pu se permettre d’évincer la nécessité de probité des représentants et a voulu réduire la Démocratie à la loi de la majorité. La démocratie sans la République en somme.   Lire la suite

Après Fillon, Macron fait feu à son tour sur les fonctionnaires

macron-hysteriqueM. Macron vient de rendre public son cadrage budgétaire via une interview au journal Les Echos. A dire vrai, il devait le faire mercredi 22 février mais il était alors trop occupé dans sa tambouille électorale avec François Bayrou : pour ces deux-là, le programme est de fait second. Il est d’ailleurs curieux (et symptomatique) que le cadrage budgétaire intervienne avant le programme lui-même qu’on nous promet pour début mars s’il arrive enfin. Mais un point est acquis : les fonctionnaires et le service-public constituent les cibles privilégiées du candidat Macron avec un nouveau coup de rabot de 60 milliards (Mds) d’euros de dépense publique. Dans le détail, c’est notamment -25 Mds pour l’Etat, à nouveau – 10 Mds pour les collectivités locales et la suppression de 120.000 fonctionnaires. Entre Hollande et Fillon, M. Macron est à la croisée des chemins. Lire la suite

Probité et souveraineté : la 5ème République agonisante

francois-fillon-52_5461790François Fillon va tomber. Sa chute ne saurait se résumer à celle d’un homme et en dit beaucoup plus sur nos institutions et l’effet de système qui les accompagne que le cantonnement aux appellations d’enrichissement personnel et d’abus de bien social le laisseraient supposer. C’est un fait que le défaut de probité se manifeste d’abord dans les lieux de cristallisation du pouvoir et témoigne toujours en politique d’un déni de souveraineté populaire. Plus que Fillon lui-même, c’est bien la 5ème république qu’il faut asseoir au banc des accusés. Lire la suite

Valls ? Fait ! Au suivant !

Sarkozy ? Fait ! Juppé ? Fait ! Hollande ? Fait ! Valls ? Fait aussi ! Que ce soit dans la lumière médiatique de la primaire de droite ou dans le crépuscule blafard du PS, tous ceux que le système avait érigés en porte-étendard passent l’un après l’autre à la moulinette. Et le mouvement n’est pas fini :  Fillon va suivre, et Macron après lui. Voilà bien la seule leçon qu’il faille tirer de la primaire du PS et de la semaine écoulée.   Lire la suite