Si rien ne bouge

Feuille constituante du 2 juin

Tous s’agitent mais rien ne bouge. Les irresponsables politiques multiplient les tactiques électoralistes, les faux-semblants de l’union et du rassemblement et les vrais retournements de vestes, les surenchères identitaro-sécuritaires et les économies de principes républicains. Trois sauts périlleux arrière, un salto et deux roulades avant, rien ne bouge pour autant. La scène politique est gelée, cryogénisée.

Comment dès lors s’étonner que la perspective pour 2022 dessine une resucée de 2017 ?  En pire. Après la volatilisation de l’une des deux forces du bipartisme il y a quatre ans, c’est au tour de son alter ego, LR, d’être en voie de déclassement et même au seuil de l’implosion, écartelée entre être la proie de Macron et la tentation de l’ombre du RN. Après avoir manqué l’élection imperdable de 2017, elle est réduite au rôle de force d’appoint pour 2022 alors même que la bataille culturelle se déroule sur son terrain. La gauche, totalement autocentrée, gère une rente baissière, 25% désormais à peine du capital électoral, plus préoccupée à pousser ses pions sur son monopoly interne qu’à envisager une stratégie majoritaire.

La médiocrité ambiante fait dès lors le jeu des installés. Les apprentis sorciers pédalent sur la roue du moulin RN : instaurons des peines automatiques disent les uns, supprimons carrément les possibilités d’appel disent les autres, imposons surtout un droit de regard de la police sur la justice tranchent celui-là. Le RN a beau n’avoir à raison que peu confiance en sa principale représentante pour convaincre les Français, il capitalise en outre sur l’agenda politico-médiatique que le chef de l’Etat se charge de mettre à sa disposition. Ce dernier poursuit en parallèle le sien, en remettant sur le métier le détricotage programmé des conquis sociaux et l’évaporation de la souveraineté populaire dans la nuée bruxelloise. 70% des Français ne veulent pas du duel Macron-Le Pen mais si rien ne bouge…   

Il faut dire que les gages démocratiques et la cohérence exigée par les citoyens en 2017 lorsqu’ils ont lancé un coup de semonce à tous ont été passés par pertes et profits par tout ce petit monde politique. Le souffle populaire de 2018 et la dynamique hors les murs qu’il avait su insuffler sont des arguties évoquées au passé par les politiciens qui se sont empressés de revenir au confort douillet et cloisonné de la politique institutionnelle.

Il y a des chances que rien ne bouge. Pourtant, lassés comme ils l’ont une fois encore confirmé en s’abstenant très massivement lors des quatre élections législatives partielles du week-end dernier, posant une fois encore la question de la légitimité de députés qui auront été élus après avoir recueilli environ 5% du corps électoral, les Citoyens n’en aspirent pas moins à reprendre le contrôle de notre devenir collectif.    

Ce ras-le-bol, nous vous appelons à le partager de manière constructive et collective lors d’un échange en visioconférence ce jeudi 3 juin à partir de 18h30 à l’occasion d’un Agora’l’Bol (https://epfl.zoom.us/j/69479661400).

Quand la scène politique est figée parce que ceux qui l’occupent ne sont que des pions, il s’agit plus que jamais de réinsuffler un souffle démocratique refondateur. Face à la résignation, faisons dès à présent œuvre utile pour aujourd’hui et pour demain.

Les Constituants

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