De Macron à Hollande : miroir mon beau miroir

Macron HollandeEmmanuel Macron vient de remettre sa démission du gouvernement à François Hollande. L’argutie du stratagème apparaît donc au grand jour. Macron s’en va avec la bénédiction de son géniteur pour mieux revenir au bercail. Le barouf médiatique peut se lancer sur sa candidature supposée à la présidentielle, celle-ci se fera comme lui évanescente avant que de disparaître pour faire place nette au président sortant. La société du spectacle politique tient son nouveau vaudeville.

D’un côté, il y a les Hamon, Lienemann, Filoche et demain combien d’autres encore. Ceux-là ont cotisé à la primaire pour ménager leurs lendemains. Il faut que la contestation « de Gauuuuche » à Hollande s’incarne en amont du 1er tour pour pouvoir être maîtrisée. D’un autre il y a les prétendus rebelles qui menacent de ne pas se présenter à la primaire pour mieux faire monter les enchères et valoriser leur capital dans une culture d’entreprise Habitatesque, captifs et geôliers à la fois comme Arnaud Montebourg. Il y a donc désormais Macron pour contrebalancer les autres et donner l’illusion que Hollande va se recentrer sur son cœur de métier.

Emmanuel Macron ne sera pas candidat. Il ne s’inscrira pas dans la primaire dans laquelle il serait balayé, lui qui affirmait encore le 19 août 2016 en compagnie de Philippe De Villiers au Puy-du-fou : « Je ne suis pas socialiste ». Il ne sera pas plus candidat en dehors de celle-ci, faute d’espace, de structure et de moyens. Surtout, il sait comme tout un chacun que le procès en trahison politique si près de l’échéance (plus tard c’est une autre histoire) est rédhibitoire comme l’histoire nous l’a enseigné.

Mais chez ces gens-là, les banquiers, il ne saurait être d’investissements qui ne servent à faire fructifier le capital. Macron joue gagnant sur tous les tableaux : il sert Hollande pour rabattre sur lui mais se décale déjà anticipant sa compatibilité future avec la droite. Il prend date pour un avenir dont peu lui importe l’horizon pourvu qu’il y rayonne. Sur le fond, le mirage de sa candidature va contraindre l’ensemble de l’échiquier politique sur lequel elle va se positionner et dont la primaire fait partie à glisser en bloc vers la droite. Rendez-vous est d’ailleurs pris pour dès demain aller répondre aux desiderata du Medef lors de son université d’été. Embarquées les marionnettes qui vont frétiller dans l’eau de la primaire, c’est dans le bassin libéral que Macron vous amène de l’extérieur pour que Hollande puisse à son aise y faire le grand plongeon.

C’est quand le puzzle est fini que le résultat apparaît. Et Hollande a assemblé un miroir. Qu’il induise les candidatures prétendument rebelles ou qu’il les fomente, François Hollande reste le maître du marigot qui au soir de la primaire le fera roi d’un royaume en déliquescence. Un quinquennat n’y aura pas suffit, c’est toujours sur la sphère du PS et de ses affidés que l’éternel premier secrétaire entend régner. Grand bien a pris à Jean-Luc Mélenchon d’investir à temps La France insoumise et de se placer à distance pour éviter les retombées de telles scories. Car pour se dresser face à Nicolas Sarkozy et à la droite réactionnaire, il ne reste dès lors que ce bulletin de vote pour offrir une alternative stable et cohérente.

Un commentaire sur “De Macron à Hollande : miroir mon beau miroir

  1. Ricardo dit :

    Encore un excellent papier .
    Merci François de nous éclairer aussi brillamment .

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