Brexit : Hollande reprend la caravelle Paris-Berlin

MerkelHollandeLe 15 mai 2012, jour de sa prise de fonction, François Hollande effectuait son premier déplacement officiel à l’étranger : il se rendait à Berlin pour y rencontrer la chancelière fédérale Angela Merkel. L’adoption du traité Merkel-Sarkozy était entérinée. Au crépuscule de son quinquennat et alors que les britanniques ont décidé, en responsabilité, de quitter l’Union Européenne, François Hollande s’empresse de repartir chercher lundi 27 juin les nouvelles consignes dans la capitale allemande. Or Angela Merkel a déjà réaffirmé sa volonté de pousser plus avant encore ses propres intérêts. La politique mortifère de l’allégeance n’a que trop duré.

Le symbole est terrible. Alors que l’Union européenne agonise de sa dérive technocratique et de sa soumission au capital et à la finance, François Hollande continue à inscrire la France dans le giron allemand. Non qu’il ne soit pas utile dans la période de faire le point au plus haut niveau avec l’Allemagne. Mais pour cela, il aurait fallu que ce soit la France qui prenne l’initiative et non pas comme toujours la chancelière allemande qui tire les ficelles. Car c’est elle qui a invité lundi à Berlin le président français, mais aussi le premier ministre italien Matteo Renzi et le président du Conseil européen, Donald Tusk. C’est donc Angela Merkel Berlin qui de facto va piloter, avec l’assentiment de ses partenaires fantoches, le suivi de la crise qu’elle a grandement contribué à susciter.

On aurait tort de minimiser l’importance de celui ou celle en l’occurrence qui prend l’initiative diplomatique : c’est ce qui permet de définir les bases de la discussion à venir. Or Angela Merkel n’a pas attendu pour, dès ce vendredi matin, réaffirmer le primat des intérêts de son peuple : « Au cours des négociations (mercredi à Bruxelles), le Royaume-Uni restera membre de l’UE avec un certain nombre d’obligations. Notre objectif doit être le suivant : maintenir ces relations avec le RU et le gouvernent allemand veillera à faire respecter les droits des citoyens allemands ».

Mais c’est lorsqu’elle donne à voir sa perspective pour l’Europe qu’il faut prendre Angela Merkel au mot : « Ce que nous voulons, c’est faire face à une Europe en mouvement. L’Allemagne a une responsabilité particulière, et il faut que l’unification soit une réussite ». L’unification ! Le modèle allemand pour tous. Peu importe à la chancelière les réactions des peuples et les dégâts infligés par sa politique pourvu que non seulement les intérêts allemands soient préservés mais plus encore que leur domination soit établie. Pour Angela Merkel, et alors même que le Royaume-Uni n’a pas encore quitté l’UE, le Brexit est l’occasion de renforcer l’Europe allemande.

Qui pourrait imaginer qu’il puisse en être autrement. Merkel applique la politique de la droite allemande. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les réactions du patronat allemand ce matin à l’annonce du Brexit. Markus Kerber, directeur général de l’AFI, l’association fédérale de l’industrie allemande, traduisait ainsi le Brexit comme « un signal d’alarme pour rendre l’Europe plus compétitive ». Son collègue Clemens Fuest, président de l’institut allemand de recherche économique, déclarait quant à lui : « C’est la défaite e la raison commune (sic). Les politiques doivent maintenant tout faire pour en limiter les effets ». Bref il faut que tout change pour que rien ne change comme disait Lampedusa…

Dès lors, François Hollande peut bien déclamer à Paris que « l‘Europe ne peut plus faire comme avant », il est malgré tout le premier à démontrer qu’elle ne fera pas autrement en allant faire la queue à Berlin pour une audition avec la dame d’acier. Pense-t-il seulement utile de faire différemment, lui qui a réaffirmé vendredi midi la nécessité du « renforcement de la zone euro et de sa gouvernance » ?

L’Europe, on la change ou on la quitte affirme Jean-Luc Mélenchon. Quatre ans après avoir capitulé une première fois, François Hollande vient de démontrer en montant à nouveau dans la caravelle Paris-Berlin qu’il n’est prêt ni pour l’un, ni pour l’autre.

4 commentaires sur “Brexit : Hollande reprend la caravelle Paris-Berlin

  1. ta77 dit :

    27 juin et non pas 27 juillet, non ?

  2. CLAUDE CARRON dit :

    Et c’est après avoir déclenché la chienlit et s’être rendu à Colombey les deux églises (sûrement pour demander la route de Baden-Baden) qu’il a fait ça. Il cherche des symboles de gauche et confond Fraü MERKEL avec le général MASSU? C’est un quinquennat de camelote. Pauvre gars !

  3. philippe.taffus@orange.com dit :

    « François Hollande s’empresse de repartir chercher lundi 27 juillet »

    N’est-ce pas plutôt lundi 27 juin ?

    Cordialement

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