Manifestation autorisée, Valls interdit

Les coups de menton de Manuel Valls n’impressionnent plus personne : le 1er Ministre a dû céder et autoriser la manifestation parisienne du 23 juin. Non qu’il ait mis de l’eau dans son vin. Mais lâché de toutes parts ce mercredi, il savait qu’en s’arc-boutant, il ne passerait pas la nuit à Matignon. Pour autant, au regard des dégâts qu’il vient d’infliger au pacte républicain, cette autorisation ne vaut pas solde de tout compte. Valls doit partir.

Valls et la loi travail étaient déjà minoritaires dans le pays, dans la rue et à l’Assemblée. Lâché là par Cazeneuve, puis au final par Hollande, le voilà désormais minoritaire dans son parti et dans son propre gouvernement. L’interdiction de manifester qu’il a voulu imposer au peuple a buté sur la conscience collective républicaine. En voulant se défaire du droit, Manuel Valls est apparu pour ce qu’il est : un fauteur de trouble.

Les conditions de la manifestation traduisent d’ailleurs encore bel et bien ce souci permanent de jeter de l’huile sur le feu : le parcours autorisé fait une courte boucle autour de la place de la Bastille, comme on voudrait faire tourner en rond des animaux dans leur cage. Peu importe, il s’agit là de l’ultime provocation d’un vaincu.

Bravache, Manuel Valls s’enfermait dans son rôle mercredi 22 juin devant l’Assemblée nationale en assénant que la loi travail irait jusqu’au bout. Ne nous y trompons pas : il n’y a là ni conviction, ni masochisme. Rien sinon les sinistres calculs d’une éviction gouvernementale qu’il voudrait maîtriser, comme un trophée dont il pense pouvoir s’auréoler pour la suite.

François Hollande aurait tort de se faire prier sauf à rentrer lui-même dans cette tambouille primaire. La question de la démission du ministère Valls qui était déjà posée dans le cadre de la loi travail apparait comme une réponse nécessaire face aux provocations du Premier Ministre et à ses atteintes répétées aux principes d’organisation sociale. Elle est même désormais la seule issue à la double impasse, sociale et démocratique, dans laquelle le Premier Ministre s’est enfermé.

En 1840, Georges Sand définissait l’interdit comme « une condamnation absolue qui écarte quelqu’un d’un groupe ». La manifestation autorisée, Valls doit être frappé d’interdit.

Un commentaire sur “Manifestation autorisée, Valls interdit

  1. serge cheray dit :

    Valls et Cazeneuve démission ……Pour le caniche de Merkel encore quelques mois !!!!

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