Du 5 mai 2013 au 5 juin 2016

Défilé des insoumisLe 5 mai 2013, il y a 3 ans jour pour jour, une foule immense s’est levée à l’appel de Jean-Luc Mélenchon pour « La marche citoyenne pour une 6° République ». Jamais depuis au moins une éternité la mise en perspective d’un nouveau sens commun n’avait à ce point infusé pour prendre la forme d’une force matérielle si puissante : 180.000 personnes défilaient alors pour ouvrir un horizon débarrassé du spectre de la finance, libéré de la poigne de l’oligarchie, nettoyé des souillures des malversations et de la corruption de la Caste.

La 6° République s’est matérialisée dans cette marche citoyenne. D’une perspective politique, elle est non seulement devenue une réalité palpable mais elle s’est aussi imposée comme un fait inéluctable au gré des dépravations publiques qui se succédaient. Le signal a façonné l’objet. Il a imposé dans les esprits, et donc demain dans les faits, cette double évidence : une 6° République succèdera à la 5°. La marche pour la 6ème République a joué son rôle de catalyseur : il suffit pour s’en convaincre de constater comment par ce biais l’idée a depuis essaimé.

Le 5 mai 2013, le voile avait été levé sur la bande des corrompus. Cahuzac était tombé après avoir menti « les yeux dans les yeux ». Mais les Thévenoud, Arif, Andrieux, Dassault, Zéribi et autres Benguigui n’avaient pas encore été rattrapés par la justice. En mai 2013, Pierre Mosovici plantait lui des piques au peuple depuis le ministère de l’économie et des finances avant de passer au poignard dans le dos depuis Bruxelles. Quant aux 40 patrons du CAC 40, ils se distribuaient 135 millions d’euros avant que François Hollande ne lance en juin 2013 le code AFEP-MEDEF, un « code de gouvernance révisé » : aujourd’hui c’est 16 millions d’euros pour le patron de Sanofi, 5,2 pour Tavares celui de PSA, et même 15 millions annuels pour Carlos Ghosn alors que l’Etat est encore le premier actionnaire de Renault ! François Hollande venait aussi d’annoncer en avril 2013 des mesures pour « éradiquer les paradis fiscaux en Europe et dans le monde ». Mais ça, c’était avant les Panama papers…

Trois ans ont passé et en apparence rien n’a changé sinon pour encore se détériorer. Certes des nuages ont longtemps encombré le ciel des combattants mais parce qu’il continue à pleuvoir des cendres, la marche vers l’horizon a repris, plus résolue que jamais. Le 5 mai 2013 était une étape, un acte politique qui appelait sa propre réalisation. En proposant sa candidature à l’élection présidentielle et en appelant à « Un défilé de la France insoumise » pour le 5 juin prochain, Jean-Luc Mélenchon a repris le fil de notre histoire. Le 5 mai 2013, une foule d’individus est descendue dans la rue pour s’inscrire dans la sphère publique en citoyen-ne-s. Le 5 juin 2016, parce que trois ans d’effondrement gouvernemental ont passé, mais aussi parce qu’un phénomène de politisation travaille actuellement en profondeur notre société et modifie son substrat culturel, la multitude citoyenne mute pour produire une expression plus populaire qu’institutionnelle : c’est le retour du peuple. Et la suite de la marche.

 

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