Le Grand Paris des PPP : la droite l’a rêvé, Bartolone le fait !

Bartolone 2C’est une phrase perdue au milieu d’une longue interview mais elle en dit plus que tous les longs discours. Interrogé sur le Grand Paris Express (GPE), le futur métro de l’Ile-de-France qui doit voir le jour dès 2022 pour la partie Sud, le candidat du PS à la régionale en Île-de-France Claude Bartolone a lâché son plan de bataille (lire ici) : « Et s’il faut rentrer dans des systèmes de financement innovants pour surmonter d’éventuelles difficultés, cela ne me dérange pas – j’ai eu recours aux PPP en Seine-Saint-Denis pour rénover et construire des collèges ». Voilà donc l’option du financement du GPE à coups de partenariats publics-privés ressortie du placard dans lequel la droite sarkozyste avait été été contrainte de la ranger en 2009 ! La droite l’avait rêvé, Bartolone le ferait s’il le pouvait !

Car le financement du super-métro au travers de partenariats publics-privés était bien l’hypothèse de base travaillée par Nicolas Sarkozy et son équipe. Ainsi, en 2008, le Président de la République avait inventé un poste de secrétaire d’Etat chargé du développement de région capitale confié à Christian Blanc. Et pour mettre sur les rails le Grand Paris qui verra le jour en 2010 et notamment son nouveau réseau de transports, Christian Blanc et Nicolas Sarkozy ont tout d’abord cherché à imposer la méthode des PPP. Peine perdue, en mai 2009, Christian Blanc est contraint de reculer et assure qu’il «n’y aura pas de PPP car c’est un financement cher ». Selon lui, « ce système peut fonctionner sur certains investissements d’importance moindre, mais sur un chantier de ce calibre, ce serait une erreur d’ingénierie financière que nous ne commettrons pas», explique-t-il alors, approuvé en cela par le président PS de la région Île-de-France Jean-Paul Huchon.

Depuis, patatras. Non seulement Valérie Pécresse, candidate de la droite aux régionales en Île-de-France, ressort l’idée des tiroirs pour financer les lignes 16, 17 et 18. Mais dans une surenchère qui ne vaut que par la convergence des convictions libérales qu’il a avec elle en partage, Claude Bartolone s’y met aussi. Abruti par la pensée unique du poids de la dépense publique et de la dette, le voilà qui à son tour renonce à l’investissement public pour préparer l’avenir et préfère laisser le privé se goinfrer sur le dos des contribuables et des usagers.

Pour mémoire, le partenariat public-privé (PPP) est un mode de financement par lequel une autorité publique fait appel à des prestataires privés pour financer et gérer un équipement assurant ou contribuant au service public. Le partenaire privé reçoit alors en contrepartie un paiement du partenaire public et/ou des usagers du service qu’il gère. De fait si le privé s’engage, c’est qu’il est gagnant en bout de course. Le partenariat public privé est de ce point de vue l’outil du renoncement de la puissance publique et de sa mise au service des grands groupes privés par la concession de pans entiers du service public.

C’est pourtant ce procédé que Claude Bartolone se vante d’avoir mis en oeuvre en Seine-Saint-Denis lorsqu’il était président du conseil général du département. Et sur quoi l’avait-il imposé ? La construction et la rénovation de collèges ! 5 nouveaux collèges ont ainsi été livrés en 2014 et 7 autres ont été rénovés par ce biais. Coût de l’opération ? 136 millions d’euros d’investissement public (60 %) et des redevances versées aux géants du BTP Eiffage et Fayat qui se montent  à 22 millions de loyer par an pendant 20 ans !

Pourtant, le rapport parlementaire Sueur et Portelli fait au nom de la commission des lois et déposé le 16 juillet 2014 met en garde contre l’utilisation des PPP : « Il s’avère que la personne publique qui engage un tel contrat de partenariat (en particulier les collectivités territoriales) se contente d’analyser les enjeux immédiats sans apprécier l’ensemble des risques sur toute la durée du contrat. L’insuffisance de la prise en compte des enjeux financiers liés à un contrat de partenariat s’apparente à une « bombe à retardement » pour les générations futures ».

Les franciliens savent désormais à quoi s’attendre. Ils peuvent aujourd’hui avoir le Pass Navigo à tarif unique, demain les tarifs vont faire la culbute si Valérie Pécresse ou Claude Bartolone arrivent à la tête de la région pour engraisser le privé. Pour nous c’est Non ! Nos Vies d’abord, pas celles des grands argentiers !

 

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