Fusion des universités de l’est parisien : libéralisme et autoritarisme font bon ménage

image upecLe démantèlement de l’Université du savoir, de la connaissance et des qualifications dans l’est parisien, c’est maintenant.  Jeudi 26 juin, au prix d’un nouveau  passage en force, le conseil d’administration de l’université Paris Est Créteil (UPEC) devrait en effet se prononcer sur le projet de fusion de l’UPEC et de l’UPEM (Université Paris Est Marne). Voilà les étudiants de l’est parisien populaire jetés en pâture dans les griffes des financiers et plongés dans la sempiternelle « concurrence libre et non faussée ».

Le regroupement de ces deux universités est une fuite en avant pour mieux s’inscrire dans les logiques de compétitivité et de concurrence entre établissements et étudiants dans le droit fil des lois Pecresse et Fioraso. Ce processus de fusion conduit ici comme ailleurs à la séparation entre formation et recherche au mépris de la complémentarité pourtant évidente entre l’une et l’autre. Les unités de formation et de recherche (UFR) seraient donc scindées et la décision sur les contenus et les axes de travail externalisée au profit d’un pouvoir central.

Car c’est au prix de cette trop fameuse « gouvernance » que se prépare la fusion. La direction de l’UPEC, à la manœuvre sur ce projet, fait le choix de renforcer une organisation centralisée, verticale et moins démocratique, qui sépare enseignants et chercheurs, étudiants de licence et de master des doctorants. Cette vision est le décalque de celle déjà en vigueur au sein de l’UPEM, université de 10 000 étudiants, quand l’université basée à Créteil en compte 30 000 !

Une telle fusion est une folie. Car derrière, c’est le financement lui-même de l’Université qui s’ouvre aux « partenariats » extérieurs. Et dès lors, selon le « qui paye décide » en vigueur au royaume des libéraux, les étudiant-e-s seront appelés à contribution à travers leurs frais d’inscription au nom d’un « retour sur investissement ». Les contenus eux-mêmes seront placés sous tutelle de l’armée des lobbyistes payeurs qui seront d’autant plus efficaces que le cadre de décision aura été soustrait à la vue et au contrôle du grand nombre.

Pour mener à bien ce coup de force, la direction de l’UPEC manœuvre de manière grossière. Son président Luc Hittinger demande en effet rien moins qu’un mandat pour poursuivre la fusion sur des bases qu’il a lui-même définies ! En s’affranchissant des cadres collégiaux et démocratiques de décision, la gouvernance managériale de l’Université est de fait déjà là ! Et ce que réclame Luc Hittinger, le président de l’UPEC, c’est un chèque en blanc pour jouer au casino le savoir dans l’est parisien !

Il faut que cesse cette mascarade. Les représentants des étudiant-e-s et des personnels ne peuvent pas être ainsi passé à la lessiveuse de l’autoritarisme. Et comme le cas de la fusion de l’UPEC et de l’UPEM n’est pas isolé, il faut que le nouveau secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche Thierry Mandon revienne sur les lois Pécresse et Fioraso qui organisent la mise en coupe réglée de l’Université et la marchandisation du savoir et des connaissances. Pas sûr pourtant que celui qui hier était le fossoyeur du service public en tant que secrétaire d’Etat à la réforme de l’Etat soit le plus à même pour éviter le même jeu de massacre à l’Université.

(* image Le Parisien)

Un commentaire sur “Fusion des universités de l’est parisien : libéralisme et autoritarisme font bon ménage

  1. claudecarron dit :

    Les solfériniens n’en finissent plus de se perdre.

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