Sanofi, les gros sous du patron qui rendent malade

argentChez Sanofi-Aventis comme ailleurs, les patrons voyous se gavent. Le journal en ligne « La lettre A » révélait ainsi hier qu’en plus de sa prime d’accueil de 4 millions d’euros annoncée il y a quelques semaines, le futur directeur général du groupe Olivier Brandicourt se voit dès à présent octroyé une retraite chapeau estimée à 10 millions d’euros ! Vous n’aimez pas les chiffres ? Attention, ici, ce ne sont pas les calculs mais les résultats qui vont vous donner la nausée : Olivier Brandicourt va émarger au-delà du million d’euros par mois !

Reprenons depuis le début. Olivier Brandicout prendra ses fonctions en avril pour succéder à Chris Viehbacher, l’homme aux 20.000 € par jour. Celui qui est à six ans de l’âge légal de départ en retraite va cumuler pendant cette fonction des recettes personnelles à travers une prime d’arrivée, une double rémunération, des stocks-options en veux-tu en voilà, et donc désormais une retraite chapeau, ou plutôt sombrero. Voyons cela dans le détail.

Fin février, on apprenait qu’Olivier Brandicourt se voyait offert un cadeau de bienvenue avec une gratification initiale de…4 millions d’euros : 2 millions lors de sa prise de fonctions le 2 avril et 2 millions supplémentaires en janvier 2016.

Au même moment, Sanofi levait le voile sur la rémunération de son futur dirigeant : 1,2 millions d’euros de part fixe (100.000€ par mois) et « une part variable cible de 150% de la rémunération annuelle fixe et plafonnée à 250% ». Autrement dit une part variable comprise entre 1,8 millions annuels (1,2 x 150%) et 3 millions (1,2×250%). En recollant les deux, cela donne une rémunération annuelle comprise entre 3 et 4,2 millions d’euros.

A peine trois semaines plus tard, il est donc révélé que le futur Directeur général de Sanofi bénéficiera également d’une retraite chapeau de…10 millions d’euros. Etant entendu que Monsieur est à 6 ans de la retraite. C’est noté ? On y va pour les maths en ramenant tout cela aux années d’exercice :

Salaire : Entre 3 et 4,2 millions par an (donc entre 250.000 € et 350.000 € par mois) soit entre 18 et 25,2 millions d’euros sur 6 ans

Primes d’arrivée et de départ : 4 + 10 = 14 millions d’euros

Total sur 6 ans : Entre 32 millions d’euros (18 + 4 + 10) et 39,2 millions d’euros (25,2 + 4 + 10)

Ramené au revenu mensuel : Entre 444 444 € par mois (32 / (6×12)) et 544 444 € par mois (39,2/(6×12)).

Nous en sommes donc déjà à une rétribution mensuelle qui équivaut à 305 SMIC pour la fourchette basse et 373 SMIC pour la fourchette haute !

Mais ce n’est pas tout. En adeptes du capitalisme financiarisé, Sanofi intéresse bien sûr son patron au cours de bourse des actions de l’entreprise. Celui-ci recevra chaque année 220.000 « options de souscription d’actions » (autrement dit des stock-options) par an et 45.000 actions de performance. Pour se donner une idée, on traduit en euros sonnants et trébuchants, en modélisant le gain sur une base de référence d’une période de six ans (comme celle qui conduirait à la retraite) identique à celle qui s’achève (oui c’est la crise mais vous allez voir que ce n’est pas pour tout le monde) : cours de bourse Sanofi mars 2009 : environ 41€ – cours de bourse Sanofi mars 2015 : 89€. Soit un différentiel de 48€ pour les actions acquises la première année et ensuite imaginons que la progression est linéaire soit 40€ la deuxième année, 32 € la troisième, 24 la 4ème, 16 la 5ème, 8€ la 6ème. Ramené à 265 000 actions an, cela donne un bénéfice de : 265 000 x (48 + 40 + 32 + 24 + 16 + 8) = 44,52 millions ! Une paille par rapport aux 3 milliards d’euros reversés en 2013 par Sanofi à ses actionnaires.

Si nous rajoutons cette projection moyenne aux sommes déjà engrangées par Olivier Brandicourt, cela amène à une rémunération pour 6 ans de service comprise entre 72,52 millions et 83,72 millions d’euros. Ramené au mensuel, cela donne chaque mois entre 1,05 millions et 1,16 millions d’euros. Soit l’équivalent de 720 SMIC (795 pour la fourchette haute).

Il faudrait bien sûr aussi mentionner les suppressions de postes ces dernières années chez Sanofi. Même sans cela les chiffres avancés seraient scandaleux mais il ne faut pas oublier les catastrophes sur le plan humain occasionnées aussi par ceux qui se savent. Ainsi, Sanofi au supprimé 4000 emplois en France  et prévoit selon un document révélé par « Cash investigation » d’en supprimer 1800 de plus dans le cadre du projet « Phœnix ». Rien pourtant qui empêche Sanofi de percevoir tous les ans des millions d’argent public comme ces 125 millions d’euros octroyés en 2013 au titre du Crédit Impôt Recherche (CIR).

Alors bien sûr, ils vont être nombreux à ressasser en boucle : c’est indécent, c’est scandaleux, c’est absurde, c’est…Tout ça c’est du bla-bla. Le système entretient sa propre nature car ce ne sont pas là des excès mais la traduction d’un système d’organisation économique et social. Les politiques sont des pantins qui commentent mais laissent faire. Il faut voir les membres du gouvernement de manuel Valls venir jouer les saintes nitouches outrées fin février quand la prime d’accueil a été révélée. Ils feront pareil demain quand ils constateront l’émoi que suscite la retraite chapeau. Pourtant ce sont eux qui se sont mis en dehors du jeu.

Souvenez-vous. En jun2013, François Hollande et son ministre de l’économie d’alors Pierre Moscovici (encore lui) validaient le Code Afep-Medef ou Code de gouvernement des sociétés d’entreprises cotées. Pierre Moscovici avait mis ses conseillers à la disposition de l’Afep (Association française des entreprises privées) et du Medef pour que ces dernières présentent à François Hollande le 14 juin 2013 un « code de gouvernance révisé ». Bien sûr, faisant diligence devant ses maîtres, François Hollande s’était empressé de valider celui-ci. Au menu figurait notamment la question des rémunérations des dirigeants de ces sociétés. Les chefs d’entreprises ne voulaient alors surtout pas d’un dispositif contraignant. Ils ont eu gain de cause sur toute la ligne, Pierre Moscovici ayant baissé pavillon et affiché sa confiance dans une « autorégulation exigeante ». La mise en place d’une sollicitation des actionnaires sur la rémunération des dirigeants mandataires sociaux (le « say on pay ») est restée consultative et sans aucune valeur juridique ! Le contrat et les arrangements entre amis plutôt que la Loi, voilà où cela mène le pays !

Banquiers voyous, patrons pourris par l’argent, politiques inutiles, qu’ils s’en aillent tous, tous, tous !

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