Hollande met la République dans la main de l’Europe allemande

Hollande « L’unité de la République et l’Union Européenne sont liées » : la conférence de presse de François Hollande de 5 février 2015 aura donc été celle de mise sous tutelle de la République derrière l’Europe allemande. Le patronage de « la Chancelière » s’imposerait donc à la République qui n’existerait plus en soi. Ou comment François Hollande se revendique comme un garant de la République pour mieux la liquider.

Il y a un an, le 14 janvier, lors de sa conférence de presse de rentrée, François Hollande avait annoncé rien moins que l’érection du trident déconstituant de la République pacte de responsabilité / 50 milliards d’euros de coupes claires dans la dépense publique / réforme territoriale. Cette année, l’unité de la République n’est plus simplement remise en cause dans les actes, elle est mise sous la tutelle d’Angela Merkel.

Que chacun-e mesure la portée de l’exclamation présidentielle : « L’unité de la République et l’Union Européenne sont liées ». En disant cela, François Hollande nie à la France le caractère intrinsèque de son unité qui est d’abord celle de son peuple. Partant de l’affirmation du chef de l’Etat, ce n’est pas la France en tant qu’état souverain qui est liée à l’UE, c’est le caractère indivisible de son peuple. Or en République, ce qui lie le peuple, c’est le contrat politique. C’est lui qui en France définit la citoyenneté et le consentement individuel à s’inscrire dans un cadre collectif, la Nation. L’assertion présidentielle est une rupture du contrat social en ce sens qu’elle dévoie au peuple sa souveraineté sur celui-ci pour la coupler à l’Union Européenne. Le contrat social est placé sous la tutelle du monstre technocratique et oligarchique. Un comble !

François lie tellement l’un à l’autre qu’il enchaine sur cet amalgame indécent : « Ceux qui veulent s’en prendre aux valeurs de la République sont les mêmes que ceux qui s’en prennent aux valeurs de l’Union Européenne ». Bref les ennemis de l’extérieur sont aussi les ennemis de l’intérieur. Voilà comment au nom du ralliement à l’Union européenne le chef de l’Etat conflictualise la société et divise lui-même son propre peuple.

Le Président ayant joué le rôle ‘élément de fragmentation, il a alors beau jeu de confier à une puissance extérieure et illégitime le rôle de garant de l’unité de la République. Ce qui unit le peuple devrait donc selon lui être apporté de l’extérieur. Et ce que François Hollande propose, c’est ce que l’Union européenne impose : le remplacement du contrat social par la sacro-sainte « croissance ». Car le voilà qui enchaîne à la suite sur le moteur européen : « La priorité c’est la croissance, ce que j’ai rappelé suffisamment depuis deux ans, qui s’est imposée sans remettre en cause les efforts sur les déficits ». Hollande vend donc l’unité de la république aux allemands !

Car pour François Hollande, l’Europe, c’est l’Allemagne. Il faut avoir entendu le Président parlant de Madame Merkel non plus comme la chancelière allemande, mais « La Chancelière » tout court. A force de courbettes, François Hollande a été jusqu’à employer les mots qui nous fâchent, parlant ainsi à propos des initiatives communes prises par la France et l’Allemagne de « la collaboration avec l’Allemagne ». Une maladresse ? Pas même chez François Hollande. Les mots pour lui n’ont plus aucun sens. N’a-t-il pas évoqué quelques minutes auparavant l’Ecole de la République comme « meilleure arme de la reconquête ». L’Ecole ! Le lieu où le savoir émancipateur grandit pour libérer l’individu et lui permettre de faire société deviendrait donc un outil de guerre pour une nouvelle croisade ? Absurde !

La posture allemande de François Hollande ne pouvait pas aller sans à son tour menacer le peuple grec. En secrétaire zélé, le chef de l’Etat a avoué s’être fait l’intermédiaire auprès d’Alexis Tsipras pour lui enjoindre d’aller voir celle qui décide : Madame Merkel. L’intériorisation par François Hollande de sa vassalisation devant la chancelière allemande rabaisse la France au rôle d’intermédiaire vers celle qu’il installe lui-même comme le maître. Interpellé sur la récente décision de la BCE de fermer le robinet des liquidités à la Grèce pour mieux assécher son économie et faire souffrir son peuple, François Hollande s’est refusé à condamner le coup de force technocratique contre la démocratie. Au contraire, il l’a adoubé considérant dans une interprétation toute personnelle que cela « renvoyait la responsabilité sur les états et les gouvernements, c’est à l’eurogroupe de prendre des décisions ». S’il n’était à ce point dans la main de Merkel, nous serions tentés de lui dire chiche : que le pouvoir politique reprenne la main et engage dans la solidarité avec le gouvernement grec la restructuration de sa dette. Mais tout porte à croire que la manœuvre vise à transférer le sort des grecs dans la poigne brutale et arrogante de Madame Merkel dans laquelle François Hollande continuera à aller manger.

Celles-et ceux qui croyaient avoir vu un tournant après le 11 janvier dans la présidence de François Hollande en sont pour leurs frais. Le Président est toujours le petit bonhomme de l’Elysée qui se défausse de ses responsabilités pour les remettre dans les mains du plus offrant : l’union européenne et Angela Merkel. Et pour un sourire de cette dernière, François Hollande est prêt à liquider son peuple. Là où la République prétendait exporter ses valeurs humanistes et universelles pour les mettre à la disposition des autres peuples, François Hollande préfère lui les mettre sous tutelle étrangère. Une souveraineté aliénée en somme.

 

 

2 commentaires sur “Hollande met la République dans la main de l’Europe allemande

  1. init6a dit :

    Exactement comme Daladier en 1938-39 a livré la France à l’Allemagne. Les mêmes mots, la même motivation dictée par l’oligarchie financière ; le même parti politique ou presque.

  2. claudecarron dit :

    Il est vraiment en dessous de tout le pépère. Quelle misère ! Virons-le vite fait et vive la 6e République. Si la révélation de ces renoncements démocratiques et diktats sentant l’ingérence pouvaient enfin réveiller les peuples concernés (En
    un seul mot)…

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