21 janvier : quand le monarque élyséen ressuscite le roi

Hollande Capet« Citoyens, la tyrannie est un roseau que le vent fait plier et qui se relève ». Dans son second discours du 26 décembre 1792  sur le jugement du roi, Saint-Just se faisait déjà visionnaire. Le roi est en effet mort le 21 janvier 1793. Mais aujourd’hui le monarque élyséen le ressuscite à la date anniversaire. François Hollande rejoindra en effet dans deux jours les 1500 responsables d’entreprises multinationales et le gotha des nouveaux coalisés sous l’égide de l’OTAN qui conjointement se terrent à Davos à l’occasion du 45ème Forum économique mondial qui s’ouvre ce 21 janvier. Si le procès de Louis XVI avait aussi été en 1793 celui de la propriété et de l’alliance des trônes, François Hollande réaffirme pourtant 222 ans après la coalition des despotes et leur alliance avec les accapareurs. 

François Hollande se rendra ce vendredi 23 janvier à Davos pour la première fois. Il interviendra à la tribune devant ses maîtres pour, selon des sources élyséennes, vanter la politique d’austérité qu’il décline en France avec zèle et rigueur. Il est aussi prévu qu’il fasse l’article pour la conférence climat qui se tiendra à Paris en fin d’année en présentant la lutte contre le changement climatique comme une opportunité pour les entreprises.

François Hollande trouvera sans conteste des oreilles attentives à son message à Davos. De Bill Gates au PDG de Goldmann Sachs, tout le gratin des accapareurs y sera réuni à Davos. Pince-sans-rire, au moment même où Oxfam vient de révéler que le patrimoine des 1% les plus riches dépassera d’ici deux ans celui des 99% restants, les puissants ont intitulé l’un de leurs débats « situation économique et l’inclusion sociale». Morgue et ironie.

En se présentant à Davos, François Hollande réaffirme donc le lien entre l’accaparation du pouvoir et celle de la richesse matérielle par une même Caste. La tyrannie de l’un est celle de l’autre. Jacques Roux ne disait pas autre chose dans son Discours sur le jugement de louis le Dernier en décembre 1792 lors du procès de louis XVI et alors que paris et la France se trouvaient en pleine crise des subsistances. Le procès du roi devait selon lui être aussi celui de « ceux qui s’approprient les produits de la terre et de l’industrie, qui entassent dans les greniers de l’avarice les denrées de première nécessité et qui soumettent à des calculs usuraires les larmes de l’appauvrissement du peuple ». Comme le dit Jean-Paul Bertaud, « Le procès du roi, c’était donc aussi celui de la propriété. Le roi en justice, c’était la propriété aussi qui était jugée. Le roi condamné, s’arrêterait-on à limiter la propriété ou à la partager ? ». De fait ni l’un ni l’autre maintenant que le monarque est ressuscité.

Mais François Hollande ne se contentera pas à Davos de faire allégeance à la Finance. Il poursuivra la consolidation de la sainte alliance internationale autour de l’OTAN qu’il a déployée dans les rues de paris le 11 janvier dernier. François Hollande retrouvera en Suisse ses partenaires de parade, Angela Merkel, l’ukrainien Petro Porochenko, Matteo Renzi ou encore John Kerry. Devant eux, François Hollande s’exprimera comme de bien entendu sur le terrorisme pour répondre aux attentes du Forum économique mondial. Celui-ci a commandé son traditionnel rapport sur les Global Risks (les «risques mondiaux»), lequel considère pour la première fois que «les conflits entre États, avec des conséquences régionales» représentent un risque premier devant «les événements climatiques extrêmes» et «le chômage et le sous-emploi structurel élevé». Un ordonnancement qui tombe trop bien pour être vrai…François Hollande a prévu selon ses conseils de dérouler alors ses positions en matière de « gouvernance mondiale ». Où quand la boucle est bouclée.

Il y a 222 ans jours pour jour, il fallait que le roi meure pour que la patrie vive. Le monarque élyséen s’y est aujourd’hui substitué et, fidèle à l’héritage des rois, a repris à son compte l’alliance avec les accapareurs en la plaçant sous la protection de ses semblables coalisés. C’est donc bien l’ordre ancien ressuscité qu’il convient aujourd’hui encore de faire tomber.

« Qu’appelez-vous donc la révolution, la chute du trône, les coups portés à divers abus ? L’ordre moral est comme l’ordre physique : les abus disparaissent un moment, comme l’humidité de la terre s’évapore ; les abus renaissent bientôt, comme l’humidité retombe des nuages. La révolution commence quand le tyran finit »  poursuivait Saint-Just lors de son second discours à la Convention sur le jugement de Louis XVI le 26 décembre 1792. La question est aujourd’hui moins celle du tyran que celle de la tyrannie. A terre la 5e République et sa Caste. Vite la 6e République !

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