κλείνει Μέρκελ ! Ferme la Merkel !

Le niveau de chantage vient de monter d’un cran à l’approche des prochaines élections législatives en Grèce. Ce dimanche 4 janvier, le journal Der Spiegel affirme, s’appuyait « sur des sources proches du gouvernement » que l’Allemagne est prête à « laisser la Grèce sortir de la zone euro » en cas de victoire de Syriza, le parti de la gauche radicale. Plus encore que les traitres aux peuples Juncker ou Moscovici, la chef de file de la CDU tonne et se projette dans l’après élection. Si le scrutin sera un enjeu décisif, les libéraux conservateurs nous montrent déjà qu’ils sont aussi prêts à faire déferler sur le peuple grec toutes les forces de la réaction européenne. C’est aussi ce combat-là auquel il nous faut nous préparer.

On se souvient que le 11 décembre, Jean- Claude Juncker déclarait à propos de la Grèce qu’il ne souhaitait pas que « des forces extrêmes arrivent au pouvoir », ajoutant au cas où cela n’aurait pas été assez clair : « Ma préférence serait de revoir des visages familiers en janvier », soit après les élections présidentielles qui ont conduit aux élections législatives anticipées à venir. Alors que ces dernières étaient officialisées le 29 décembre, c’était au tour du commissaire européen Pierre Moscovici de s’immiscer dans les affaires du peuple grec en déclarant : « Après le troisième vote sur un nouveau président au Parlement aujourd’hui, le gouvernement grec vient d’annoncer des élections générales le 25 Janvier. Avec ce processus démocratique, le peuple grec sera de nouveau amener à décider de son avenir. Un engagement fort pour l’Europe et un large soutien des électeurs grecs et des dirigeants politiques au processus de réforme nécessaire à la croissance seront essentiels pour que la Grèce puisse s’épanouir à nouveau dans la zone euro ». Bref un soutien sans faille à la coalition des libéraux grecs.

Cette fois, ce n’est plus simplement la voix de l’Europe impotente qui parle. L’auto-proclamée principale dirigeante d’un pays européen Angela Merkel et son gouvernement menacent à leur tour. Et ces paroles sont autant de promesses qui indiquent la vigueur et la brutalité de la réaction à venir en cas de désobéissance du peuple grec aux injonctions de la bien-pensance des libéraux austéritaires.

Bien sûr, un autre président d’un grand pays européen avait déjà ouvert la voie à la prise de position d’un pays tiers dans un scrutin démocratique d’un autre pays. Souvenez-vous. À quelques jours des élections législatives de juin 2012, François Hollande déclarait au 20 h de TF1 : « J’ai conscience que les électeurs doivent avoir la pleine souveraineté, mais je dois les prévenir parce que c’est mon devoir, parce que je suis un ami de la Grèce, que si l’impression est donnée que les Grecs veulent s’éloigner des engagements qui ont été pris et abandonner toute la perspective de redressement alors il y aura des pays dans la zone euro qui préféreront en terminer avec la présence de la Grèce dans la zone euro. » Déjà le soutien à Samaras et à la droite, et déjà la menace de l’exclusion de la zone euro.

Angela Merkel et les siens vont aujourd’hui plus loin encore. D’abord parce que ses propos sont d’une autre portée que ceux d’un Hollande que personne n’écoute. Mais surtout parce que là où Hollande parlait indirectement d’un tiers, l’Allemagne en l’occurrence, c’est justement la chancelière de droite allemande qui cette fois intervient avec le poids politique qu’aucun de ses valets ne lui conteste en Europe pour lancer avec son ministre des finances Wolfgang Schäuble qu’ils « jugent supportable une sortie du pays de la monnaie unique en raison des progrès accomplis par la zone euro depuis le sommet de la crise en 2012 », assure le Spiegel. Garante de l’Europe à la sauce Merkel, la chancelière affirme donc que celle-ci ne serait plus menacée. Depuis 2012, ce qui aurait changé ne serait pas tant la situation grecque que l’Europe et ses « progrès accomplis ». La chancelière reconnaît par là que le traitement de choc infligé à la Grèce ne lui a pas été profitable (mais ce n’était pas le but) mais que dans le même temps, l’Europe austéritaire a pu se renforcer pendant qu’elle croyait au pilori les peuples du sud de l’Europe.

Usant des vieilles ficelles, Angela Merkel prend soin de rejeter la responsabilité d’une sortie de la zone euro sur les grecs. L’Allemagne n’engagerait pas ainsi la procédure d’exclusion de la Grèce de la zone euro mais elle la « laisserait sortir de la zone euro » en cas de non remboursement de la dette. Il faut dire que tous les mécanismes dits de « stabilité » ont préalablement été mis en place (avec le soutien des Sarkozy et Hollande) pour que s’enclenche le processus. Et prenant une position de fausse neutralité, Angela Merkel annonce que l’Allemagne ne s’y opposera pas. Nul n’est dupe : même si à ce stade Syrisa n’avance pas sur la sortie de la zone euro, Angela Merkel fait de cette question l’enjeu de l’élection et annonce par avance qu’elle ne laissera pas aux grecs le choix. C’est bien une menace non feinte qu’assène la chancelière.

Le chantage pré-électoral s’accompagne donc déjà de l’explicitation de la politique européenne post scrutin en cas de victoire de Syriza. Les grecs seront tenus pour responsables de leur situation et un cordon sanitaire sera établi autour du pays (sauf pour les multinationales qui continueront à venir dépecer la Grèce tels des vautours). La mise au ban européen de la Grèce découlerait alors d’un processus « technique » auquel les politiques prétendraient ne pas prendre part. Pendant ce temps, le peuple grec serait châtié pour sa témérité et sa souveraineté, message adressé à tous les peuples européens voulant recouvrer leur liberté. Le déferlement de la réaction européenne frapperait le pays comme autant d’avertissements pour toute l’Europe.

Il serait temps que Merkel comprenne qu’Otton 1er, prince de Bavière et roi de Grèce, c’est fini ! Même lui avait été renversé. Mais les vieilles méthodes ont la vie dure. Raison de plus pour prendre les devants et engager déjà le rapport de force de toute façon inéluctable avec Angela Merkel et ses sbires. Par solidarité avec le peuple grec et pour qu’une victoire électorale permette de réellement desserrer l’étau. Mais aussi parce que nous sommes directement concernés : κλείνει Μέρκελ !

3 commentaires sur “κλείνει Μέρκελ ! Ferme la Merkel !

  1. nicole joncret dit :

    merci pour tout ton travail….je lis toujours tes mails de ton blog avec attention…..bonne année

  2. grya26 dit :

    De toute façon si l’on en croit certains économistes, voire analystes politiques; la sortie de l’euro d’une façon ou d’une autre se profile à l’horizon dans un avenir relativement proche. Et cela n’aura rien à voir avec les menaces de Mme Merkel. Ce sera purement et simplement le fruit de l’échec de la politique d’austérité que la BCE, le FMI et UE, ont choisi de nous imposer. Ce qui est manifeste: c’est que le peuple grecque sera soumis à des restrictions drastiques venues de toute part pour le punir de son insubordination et d’avoir opté pour SYRIZA. Comme pour les palestiniens en quelque sorte, quand ils ont opté pour le HAMAS. Chacun est à même de constater ce qui en est advenu.

  3. Un partageux dit :

    L’Union européenne est moribonde. L’acharnement thérapeutique des docteurs mabouls n’y changera rien…

    Reste à espérer que Syriza arrivé au pouvoir va se torcher le cul avec le mémorandum comme avec tous les autres accords et comme avec les gentils mots pour le patronat local.

    Si Syriza ne le fait pas et s’acharne à vouloir rembourser la moindre drachme ou à rechercher des accommodements avec le diable européen, on ne verra pas de véritable changement en Grèce. Alors qu’il faut de toute urgence créer un ou deux millions d’emplois, reconstruire un système de santé, verser des retraites décentes, bref, changer la vie de façon évidente. Les électeurs botteront aussi vigoureusement le cul de Syriza qu’ils l’ont fait aux fauxcialistes du Pasok. Et souhaiteront la bienvenue à Aube dorée ou autre formation de même farine…

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