Le PS, bourreau de l’Universalité des droits et du peuple

allocations familialesFrançois Hollande a enfanté un monstre qui le dévore. Et pourtant il doit être indigeste. En obtenant la modulation des allocations familiales en fonction des revenus, Manuel Valls et le Parti Socialiste ont donc eu raison du Président, lequel il est vrai n’avait sur ce sujet aussi qu’une capacité de résistance limitée. C’est donc le PS, le « grand »parti de « La Gauche » qui abat aujourd’hui l’universalité des prestations familiales. L’épisode est décisif en ce qu’il révèle : le problème, ce n’est pas seulement Hollande ou Valls, c’est d’abord le PS lui-même.

Jeudi 16 octobre, Marisol Touraine a donc achevé ce qui reste dans ce pays d’idée républicaine. La ministre des affaires sociales a en effet annoncé qu’un amendement serait déposé au projet de budget 2015 de la sécurité sociale « en accord avec le gouvernement » pour moduler les allocations familiales en fonction du revenu des parents.

Hollande avait beau proclamer il y a quelques mois « chaque famille doit avoir les mêmes droits pour les allocations familiales », ou même repréciser le 8 octobre « la modulation des allocations familiales n’est pas une réforme structurelle, c’est simplement une technique pour faire des économies, un principe qui pour l’instant est en discussion et n’a pas été retenu », c’est bien l’universalité des prestations qui s’effondre sous les coups de boutoirs du très libéral parti socialiste. Le Premier Ministre et les députés PS ont donc eu raison de l’universalité des droits, et accessoirement du Président, ce qui il est vrai est un dégât collatéral négligeable.

Ainsi, l’inculte Laurence Dumont, député PS du Calvados, affirme droit dans ses bottes que le principe d’universalité n’est pas remis en cause puisque toutes les familles continueront à recevoir une prestation mais pas du même montant. Mais peu importe le montant, idiote ! Depuis 1945, les prestations familiales sont des droits inaliénables, c’est-à-dire attachés à l’individu en raison de ce qu’il est et non pas de ce qu’il représente dans la société. C’est pour cela qu’ils ne se marchandent pas !

Les allocations familiales sont rattachées à l’enfant parce qu’il est un enfant et son droit s’éteint quand il change de statut et devient un adulte. Transformer ce droit en prestation liée aux revenus des parents, c’est nier à l’enfant ses droits particuliers et le réduire au produit de sa famille. Voilà ces prétendus socialistes qui confondent désormais émancipation et régression ! Pour eux, la république c’est liberté, équité, chacun pour soi !

Marisol Touraine a quant à elle beau se cacher derrière les chiffres, ces derniers ne résistent pas à l’assaut des principes. La ministre peut bien nous donner là un seuil à 6000€ de revenus, plus loin rajouter 500€ par enfant supplémentaire et obtenir en fin de compte 450 M€ d’économies, la question se pose d’autant moins en ces termes que l’on sait qu’une fois la notion de droit inaliénable abattu, les seuils seront progressivement revisités pour réduire les prestations au nom de l’austérité. Ou comment le libéralisme économique justifie l’individualisme…

J’accuse le Parti Socialiste de forfaiture et de vandalisme. Les Bartolone, président (PS) de l’Assemblée nationale, qui le premier avait sonné en mai 2013 la charge contre les allocations familiales (lire ici), les Le Roux, président du groupe PS à l’Assemblée qui hier se félicitait que « c’est une réforme d’ampleur où il a fallu convaincre », et toute la bande de députés décervelés qui s’apprêtent à saccager des droits universels pour une ligne de compte, tous sont aujourd’hui sortis du bois et ne peuvent plus s’abriter derrière les repoussoirs Hollande et Valls. Ils étaient hier responsables de laisser aller la politique des deux précédents par leur inaction. Ils sont désormais coupables d’exploser eux-mêmes la société française, coupables de casser ce qui unit les citoyens, coupables de dénaturer des prestations qui doivent rester universelles parce que justement elles vont de pair avec le nécessaire consentement à la progressivité de la contribution par l’impôt.

L’épisode des allocations familiales est finalement un révélateur. Le parti socialiste en tant que tel ne peut pas simplement, à tort ou à raison, être qualifié d’ennemi de classe selon les anciens schémas. Il vient par contre de faire la démonstration qu’il est l’ennemi du Peuple Un et indivisible. Ce qui change la nature de la confrontation.

Un commentaire sur “Le PS, bourreau de l’Universalité des droits et du peuple

  1. claudecarron dit :

    Il s’agit déjà de savoir d’où vient le PS. Un vague rafistolage de Mitterrand avec les ex composantes de la SFIO explosée par les affaires et d’ex RAS SOC ayant plombé le Front Populaire dès juin 37…

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