Avec Hollande, les régions disloquent la Nation : l’implosion commence à l’est

D’un côté des élus de Moselle qui veulent former une « Eurorégion » avec la Sarre allemande le Luxembourg et la Wallonie belge. De l’autre des élus alsaciens qui entendent imposer la Collectivité unique que le peuple a vertement refusé par référendum le 7 mai 2013. Au milieu François Hollande et Manuel Valls et leur abominable réforme territoriale qui disloque la République. Invitation à l’abandon de la Nation comme cadre définissant la citoyenneté pour les uns, au repli sur soi identitaire pour les autres : l’implosion commence à l’est.

On apprenait le 14 octobre que Patrick Weiten, président UDI du Conseil général de Moselle, avait écrit très officiellement à Manuel Valls le 10 octobre pour lui demander le droit d’expérimenter dans le cadre de la réforme territoriale la formation d’une « Eurorégion » transfrontalière comprenant, outre la Moselle, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat (Allemagne), le Luxembourg et la Wallonie (Belgique).

Chacun-e mesure le danger que représenterait une telle structure à cheval sur plusieurs pays pour les droits sociaux et les droits des salariés. Qu’adviendrait-il du code du travail au moment-même où les régions sont appelées à prendre la main dans le champ économique ? Quid de la formation continue ? Que deviendraient les services publics français, déjà appelés par la réforme territoriale à se regrouper dans les maisons des services au public, lorsqu’ils se heurteraient aux portions congrues de nos voisins ? Que resterait-il des conventions collectives, du statut de la fonction publique, des retraites, de la Sécurité sociale pour les agents travaillant au service de cette région ?

Mais l’essentiel n’est pourtant pas là. Rejetée par les élus Alsaciens qui, au mariage forcé prévu par le redécoupage de Hollande (fusion de l’Alsace, de la Lorraine et de Champagne-Ardenne), privilégient la cocufaction du peuple en cherchant à imposer la collectivité unique d’Alsace, la Moselle cherche donc ailleurs. Ce qu’elle ne trouve plus dans le cadre national, le Président de son Conseil général veut aller le chercher chez ses voisins situés de l’autre côté de la frontière. Il faut dire que le projet de Weiten suit les jalons posés par l’Union Européenne qui depuis 1995 a prédéfini une telle structure territoriale transfrontalière (à retrouver ici ). Mais si Weiten recycle les outils de l’U.E., c’est bien que la réforme territoriale de Hollande et Valls l’y invite.

En menaçant l’existence des départements et en jouant au Rubik’s cube avec les régions, Hollande et Valls ont poussé les élu-e-s à aller chercher leur maintien en place dans des combinaisons improbables au détriment de ce qui unit les populations. Ainsi, là où le département (ici la Moselle) était une institution construite politiquement sur la base de l’exercice de la souveraineté par le peuple et où la région (ici la Lorraine) représentait un espace de mise en commun et de convergence, la volatilisation des deux par la réforme territoriale crée un vide qui pousse à chercher d’autres fondements. La souveraineté populaire fut-elle exprimée dans le cadre départemental renvoyait à l’appartenance à un corps politique constitué plus large : la Nation. Et celle-ci s’inscrivait dans des frontières : la France. Que Patrick Weiten brise cette digue (pas de tabou ou de totem ici !) en proposant une substitution transfrontalière conduit en sens inverse à la négation de la Nation comme corps politique qui s’inscrit dans un projet politique partagé, la République, et dont la souveraineté populaire est tout à la fois le garant et la force propulsive. Ainsi donc, quand s’exprime le fait qu’avec sa réforme territoriale Hollande éclate la France, le sens profond et malheureusement démontré par l’absurde avec le cas Mosellan est bien qu’Hollande éclate la République.

Mais la réforme territoriale de Hollande et Valls est une arme de destruction massive à double lame. Ainsi, les élus alsaciens du système ont eux profité de la réforme territoriale pour ressusciter le projet de Collectivité unique d’Alsace étrillé par le peuple en 2013. Ils se sont ainsi servis du prétexte de la fusion avec deux régions (Lorraine et Champagne-Ardenne) auxquelles ils ne souhaitaient pas être rattachés pour reprendre leur projet là où e peuple les avait contraints à le laisser. Ils démontraient par-là que si l’on touche aux cadres où la souveraineté fait sens pour la déliter dans une structure technocratique telle que la future grande région fusionnée, la tendance ne sera pas simplement à la préservation de l’existant mais bien au repli sur soi. Plutôt être seuls que mal accompagnés auraient pu dire les élus alsaciens. C’est donc l’idée même d’appartenance commune à un projet politique qui est brisée du fait de la réforme territoriale.

Enfin, il est jusqu’à la méthode qui doive être mise en accusation. Avec leurs « expérimentations », chevaux de Troie de la loi à géométrie variable, Hollande et Valls ont ouverts les portes de la citadelle République. Weiten ne s’y est pas trompé. C’est sur ces bases qu’il s’adresse au Premier Ministre : «Votre autorisation à l’expérimentation irait ainsi dans le sens de vos voeux de créations d’entités capables de rivaliser au niveau européen avec les grandes métropoles».

Tout concourt chez Hollande et Valls à atomiser le peuple et nier son unité. Les effets s’en font ressentir là où celle-ci est la plus fragile mais où justement l’Histoire nous enseigne qu’elle est si importante. Hollande et Valls sont de dangereux manipulateurs. Leur réforme territoriale doit donc être brisée et les occupants du château chassés.

Un commentaire sur “Avec Hollande, les régions disloquent la Nation : l’implosion commence à l’est

  1. Christian RAFFALLI dit :

    Comme disait le regretté Edgar Faure, l’immobilisme est en marche. Alors arrêtez vous-mêmes avec cette diatribe outrancière et malveillante. Hollande ne vous plait pas ? C’est votre droit, mais de là à l’accuser de vouloir détruire la nation, la république, le France …! N’importe quoi !
    La première réforme territoriale a-t-elle détruit la France ? Bien sûr que non, elle était indispensable même si imparfaite. De même aujourd’hui. En réalité vous ne défendez que vos intérêts, ceux des systèmes en place et de leurs innombrables affidés.

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