De Valmy à aujourd’hui, « Vive la Nation ! »

Couverture Hollande, la République pour cible« Et quand, enfin, pour donner le signal de l’offensive, Kellermann haussant son chapeau à la pointe de son sabre cria : ‘Vive la Nation’, c’est l’âme enthousiaste et jeune des volontaires qui passa soudain sur la bataille comme un vent de flamme et qui mêla les forces de toutes origines ». Telle fut selon Jean Jaurès (L’armée nouvelle) le lancement de la grande bataille de Valmy le 20 septembre 1792 pour ouvrir dès le lendemain les portes de la République.

Valmy, tout a été écrit sur Valmy, de la part des contre-révolutionnaires comme des socialistes révolutionnaires. Remettons-nous en alors à Jean-Paul Bertaud et son Valmy, qui, par l’analyse statistique et les correspondances de l’armée, nous décrit si bien l’irruption populaire, « la démocratie en arme », mais resitue aussi Valmy dans ces mois d’août et septembre 1792 où s’affirme la Nation : « Mais voici qu’au 10 août, l’ordre des patards a conquis les armes à la main l’égalité politique. La nouvelle assemblée qui allait être élue le sera au suffrage universel. Bien plus, pour les Sans-culottes, la Patrie est maintenant la promesse d’une plus grande justice sociale. Ils sont sûrs que la société tout entière reconnaîtra enfin ce qu’elle doit à ‘l’homme qui lui rend les services les plus pénibles et les plus assidus’. Tous verront affirmer le premier des droits, celui d’exister par une égale jouissance des biens produits ».

Laissons alors à Joseph Serre, médecin et Volontaire du 2ème bataillon des Hautes-Alpes, le soin de nous dire sur le chemin de Valmy ce que serait le 20 septembre et ce qu’il appellerait pour le lendemain, la République :

«  Une horde d’esclaves armé, aux gages des tyrans du Nord est à vos portes ; elle vous menace […] de rétablir le despotisme ministériel sur les ruines de votre Constitution et ce qui est plus cruel encore, d’éteindre dans le sang des français l’Amour de la Patrie, l’Amour de l’Egalité.

[…] Concitoyens, qu’avez-vous fait pour provoquer une agression aussi barbare qu’injuste ? Vous avez eu la gloire de proclamer les premiers la Déclaration des droits de l’Homme. Vous avez secoué un joug odieux, pour respirer l’air pur de la liberté ; vous avez terrassé les distinctions avilissantes pour élever un culte à l’égalité ; substitué la volonté de tous au caprice, à la volonté d’un seul ; repris un bien que la superstition et la mauvaise foi des prêtres vous avait arraché ; mis en pratique le plus sacré des droits, celui de choisir vos administrateurs, vos juges, les ministres de votre religion, etc. Vous avez détruit en un mot toute espèce de servitude et de tyrannie.

[…] Les tyrans veulent rétablir l’autorité royale, les droits, les privilèges de la noblesse, la religion qu’ils ne connaissent pas encore, l’ancien ordre judiciaire, les intendants et les subdélégués.

Ce qu’ils appellent l’autorité royale, c’est le despotisme absolu, tout comme si les peuples étaient de droit l’apanage des rois, ils appellent droits et privilèges nobiliers ce qui ne fut jamais que le fruit de la violence et de l’injustice ;

[…] Voudrait-on fléchir encore une fois sous la verge du despotisme ? Trembler aux menaces d’un tyran subalterne, être encore l’esclave d’un superbe seigneur, un objet de mépris aux yeux d’un riche insolent, la dupe des prêtres et des moines, la bête de somme du noble indolent, la proie d’un magistrat avide ou d’un procureur affamé ? Voudrait-on encore des banalités, des cens, des corvées, des lods ? Choisissez entre l’égalité et la noblesse, les juges de paix et les parlements, les tribunaux de famille et les procureurs, les directoires et les subdélégués ; choisissez en un mot entre les couronnes civiques et les hochets de l’orgueil et de l’ambition et n’oubliez pas surtout que vous allez décider la grande question de l’Europe esclave ou de l’Europe libre.»

C’était il y a 222 ans. Parce que cette actualité résonne cruellement à nos oreilles, nous nous sommes livrés avec mon camarade Francis Daspe et avec le concours fidèle de Bruno Leprince, passionné exigeant du genre, à l’exercice de la mise en perspective de la Ière République dont nous fêterons demain l’anniversaire avec l’ersatz hollandien (Hollande, la République pour cible, collection politique à gauche aux éditions Bruno Leprince). Alors plus que jamais, au moment où le peuple prépare son retour sur le devant de la scène, les puissants doivent entendre les cœurs de Valmy qui traversent le temps : « Tout est soldat pour vous combattre, Vive la Nation ! »

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