Hollande et la France prussienne

Hollande François Hollande tenait en fin d’après-midi la 4ème conférence de presse de son quinquennat. Derrière les fumerolles traditionnelles et malheureusement attendues comme jouer les va-t’en guerre en Irak ou annoncer pour la 5ème fois un plan numérique pour l’Ecole, François Hollande a livré sa vision pour la France : le décalque du modèle  allemand, l’assujettissement de la France et de l’Europe à l’Allemagne, la « gouvernance » par l’ouverture politique comme à Berlin, et la mise à distance du peuple comme à l’époque de Guillaume II. Avec Hollande, la France, c’est la Prusse ! 

Pour le Président et nonobstant la catastrophe sociale à l’œuvre, le diagnostic est invariable : « Il faut être plus compétitifs ». Pour cela, le modèle allemand est lui aussi immuable. François Hollande s’y réfère et le fixe comme point de repère : « Qu’on ne me demande pas de réussir à faire en cinq ans ce que les allemands ont fait en 10 ans dans des conditions beaucoup moins difficiles ». Et de s’enorgueillir de n’être qu’à la moitié de son quinquennat et d’être donc jugé qu’à la fin. Quand on voit où François Holland a conduit le pays en 28 mois, nul ne saurait imaginer à quoi il ressemblerait au bout de 5 ans…à moins effectivement de pratiquer l’effet miroir avec l’Allemagne tant vantée pour ses capitaines d’industrie qui s’assoient sur une armée esclave de travailleurs pauvres et précaires.

Mais non content de singer l’Allemagne de Schroëder, Hollande entend bien faire la circulation pour laisser aller le rouleau compresseur Merkel. Le voilà qui affirme avec le « Nous » qui ne peut être que de majesté car impossiblement pluriel : « Nous sommes favorables à une Europe à plusieurs vitesses où le couple franco-allemand est le moteur ». L’Europe à plusieurs vitesses se construirait donc par le centre sur les bases imposées par l’Allemagne pour mieux contraindre les récalcitrants. Faisant fi des projets euro-méditerranéens ou des projets des pays regroupant les pays de l’Europe du Sud, Hollande veut épauler l’Allemagne dans sa stratégie de mise au pied du mur des autres nations. Une folie !

Cette ligne tant économique que géopolitique ne saurait rencontrer l’adhésion populaire. Peut-être pas même plus longtemps celle du Parlement. Alors Hollande menace autant à sa gauche qu’il sourit à sa droite. Et d’asséner ayant là encore sans doute en tête les grandes coalitions merkeliennes emplies d’amis de Schröder : « Tous les concours sont les bienvenus, y compris les propositions de l’opposition ». Plus loin, interpelé sur « l’ouverture » qu’il évoquait, le Président profit du vote de confiance accordé par les députés dévots ou faussement récalcitrants pour menacer : « Je considère que le vote d’hier, ce résultat que je prends en compte, porte sa nécessité d’élargir ». Voilà les pseudos frondeurs prévenus, le plan B est sur les rails. D’ailleurs Hollande de préciser : « Mon objectif est de rassembler autour de l’intérêt général » avec des phrases aussi elliptiques que « la majorité est la majorité » ce qui laisse ouvert le champ des possibles. Et pour ne pas avoir à gérer lui-même les combinaisons majoritaires, le même de donner les clés à Manuel Valls : « Je ne suis pas le chef de la majorité, c’est le Premier Ministre ». Voilà qui promet !

Car ce qui est immuable, c’est le défi – l’affront- lancé par Hollande au Peuple. Interrogé sur « l’exercice de vérification démocratique » auquel il s’était engagé en 2006, Hollande a affirmé que pour lui, la vérification démocratique a eu lieu hier et la majorité qui en ressort valide l’existant. Si tel n’avait pas été le cas, alors il s’en serait remis aux suffrages du peuple par la dissolution. Incroyable morgue impériale que de réduire la « vérification démocratique » à de la tambouille politicienne pour mieux nier la souveraineté populaire et la démocratie, le pouvoir du peuple. Tant que les puissants pourront se soustraire au verdict populaire cachés derrière des scrutins indirects confiés à leur affidés ou des pleutres, le système aura de beaux jours devant lui et le peuple se préparera de tristes lendemains. Mais même les kaisers, à plus forte raison ceux en pédalo, ont un jour à répondre devant le Peuple de leurs actes. La révolution socialiste du 9 novembre 1918 était inéluctable. La révolution citoyenne en germe aujourd’hui l’est tout autant.

4 commentaires sur “Hollande et la France prussienne

  1. claudecarron dit :

    Hollande : un petit monsieur que ne sait faire « mal » que des petites choses et qui en est très content. Son meilleur fait d’armes au PS : n’avoir jamais perdu les clefs du 10 rue de Solférino…

  2. MAÏS Jean Paul dit :

    Comment voudriez-vous que HOLLANDE ait une vision décennale pour la France, alors qu’ il ne sait pas avec qui il couchera le soir ? Il gère donc au jour le jour depuis son pédalo sans gouvernail, il va où le pousse le vent dominant : l’ alizé du MEDEF !

  3. claudecarron dit :

    Il espère « prendre de la hauteur » en guerroyant. Radin du social et prodigue envers les guerres dispendieuses d’affairistes, ne l’avions pas mis en place pour çà. Virons-le au plus vite.

  4. manon lb dit :

    Le « chef de l’exécutif » avait tout dit : « Gouverner, c’est résister! »
    On croit d’abord à une antiphrase, mais il n’était que trop sincère : gouverner sous la Ve République, c’est résister obstinément… à la volonté du Peuple. Et là-dessus, ils ne lâchent rien!

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