Rejet du décret Hamon : François Hollande insulte la communauté éducative

Hamon HollandeAu lendemain de la débandade de Benoît Hamon devant le Conseil supérieur de l’éducation (CSE), François Hollande se conduit en roitelet et  ajoute l’insulte à la morgue envers la communauté éducative. Invité de RMC-BFM, le Président vient en effet de fouler aux pieds le vote du CSE sur le décret Hamon (3 Pour, 27 Abstentions, 31 Contre) en affirmant « le nouveau décret Hamon entrera en vigueur ».

Non content de s’asseoir sur le résultat de la consultation du CSE, François Hollande, le sourire aux lèvres, s’est même permis de narguer les syndicats, parents d’élèves et élus constitutifs de l’institution en rappelant à propos du vote du CSE sur le décret Peillon : « Ils avaient également voté contre le premier ». En effet, là où Peillon avait recueilli 5 faméliques voix pour son décret, Hamon est tombé à 3 ! Et là où le duo Peillon-Hollande n’avait tenu aucun compte de l’avis du CSE (avec le bonheur que l’on sait…), le duo Hamon-Hollande s’apprête à faire de même en publiant le décret au Journal officiel dès la fin de la semaine.

Mais le pire est encore ailleurs : tout ce que l’on soupçonnait en matière de transfert de contenus vers les activités périscolaires a été divulgué par François Hollande. A propos des activités périscolaires, le Président a fait ce terrible aveu : « C’est important l’éducation musicale, c’est important l’animation culturelle ». Voilà comment François Hollande use de la porosité sciemment instillée entre les contenus scolaires et les apprentissages périscolaires pour faire glisser de l’un à l’autre, de l’école publique gratuite et obligatoire aux activités périscolaires facultatives et au paiement à la carte, des savoirs émancipateurs qui devraient être enseignés à tous les élèves. Voilà comment François Hollande ramène les enfants à un socle commun minimaliste et utilitariste en excluant les savoirs et apprentissages qui permettent l’élévation de soi. Il faut dire que le Président a de bien plus piètres revendications, lui qui définissait encore ce matin l’école comme « un moyen puissant de promotion » et qui, ce faisant, renvoie à l’école méritocratique devant jouer le rôle d’ascenseur social dans une société où le désordre social est accepté comme loi commune.

Si la France « se déchire » sur la question des rythmes scolaires comme l’évoque François Hollande, c’est que cette question recèle en elle autre chose que des préconisations de chronobiologistes qui font accord, ou même autre chose que le financement qui il est vrai en l’état multiplie les inégalités entre les territoires et entre les élèves. Ce que la réforme des rythmes cherche à imposer en catimini, c’est d’un côté la territorialisation de l’Ecole et de l’autre la segmentation des savoirs entre ce qui doit être enseigné à tous et ce qui relève d’interventions extérieures, éventuellement marchandisables. Il est heureux que quand le projet républicain est ainsi remis en cause au détour d’un décret, la Nation comme corps politique s’en saisisse. C’est, Monsieur le Président, ce qui fait la grandeur de la République française.

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