Valls, le vote camouflet

On peut prendre le problème comme on veut, le gouvernement Valls est illégitime à mettre en oeuvre son pacte de responsaustérité. Le vote intervenu à l’Assemblée Nationale ce mardi 29 avril est un désaveu cinglant pour le Premier Ministre. Quel que soit le sens dans lequel on prenne les chiffres, nulle majorité absolue ne se dégage. Un comble pour le premier Ministre d’un Président qui il y a encore quelques semaines pouvait compter sur l’appui de 325 député-e-s (291 socialistes, 17 écologistes et 17 radicaux). Il n’en reste plus que 265 (-18 %), et encore a t-il fallu mettre un couteau sous la gorge à nombre d’entre eux pour s’assurer de leur vote.

Manuel Valls et ses concessions en pain d’épice n’ont donc rassemblé que 265 suffrages à l’Assemblée Nationale à l’occasion du vote sur le pacte de responsabilité pour lequel le Premier Ministre avait pris soin pendant 48 heures de dramatiser l’enjeu (232 contre, 65 abstentions). Au sein du groupe PS, 41 députés se sont abstenus, un record dans une majorité sous la Vème République. Au sein du groupe écologiste, 12 parlementaires ont voté contre, tout comme l’ensemble des députés du Front de gauche et les 3 députés du MRC.

Manuel Valls n’a donc pu compter que sur 242 votes socialistes (à peine 85% des votants du groupe), 13 radicaux de gauche, 3 écologistes, 2 outre-mer, une non-inscrite, mais aussi 1 UMP et 3 UDI. Bref là où le PS et son groupe avaient à eux seuls la majorité absolue à l’Assemblée, ils l’ont non seulement perdue du fait même de leur groupe, mais ils ne disposent qui plus est avec leur alliés divers et variés voire droitiers que d’une majorité toute relative. Sur les 567 votants (577 députés – 2 sièges vacants – 5 membres du gouvernement ne prenant pas part au vote car non encore dotés de suppléants – le Président de l’Assemblée nationale – 2 non-votants de l’UDI), la majorité absolue se situe à 284. Il manque donc 19 votes Pour à Manuel Valls pour l’atteindre. Pendant ce temps, aux 232 contre, il faut ajouter les 65 abstentionnistes qui ont marqué leur défiance vis-à-vis du pacte de responsaustérité sans oser pour autant rompre totalement la discipline de parti et anticiper sur la rupture inéluctable.

Voilà dans quelles conditions le pacte de responsabilité et notamment la « baisse des dépenses publiques la plus importante qui ait été jamais réalisée » selon François Hollande le 14 janvier dernier, ont été adoptés par la représentation nationale. Le pacte de responsabilité était absurde et inefficace. Il est désormais illégitime. Et avec lui le gouvernement Hollande-Valls. Illégitime parce qu’appliquant une politique autre que celles pour laquelle les françaises et les français ont élu le Président. Illégitime parce qu’étant obligé de recourir à la menace et au chantage contre son propre camp pour le contraindre à voter. Illégitime car désormais disposé sous les atours d’une fausse légitimité à aller brader la souveraineté populaire du peuple français devant le Commission de Bruxelles et son tribunal austéritaire.

Nul doute que la prochaine étape de cette fuite en avant soit la recherche d’alliances transpartisanes dont atteste déjà les votes de l’UDI (3 pour, 17 abstentions et seulement 7 contre). Plus que jamais, les élections européennes du 25 mai et la gifle infligée au parti Socialiste représentent le plus sûr moyen de faire déguerpir un Manuel Valls en décomposition mais rigidifié dans ses bottes, et d’imposer une politique de transformation sociale, écologique, démocratique et républicaine en rupture avec l’ordre austéritaire en France et en Europe.

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