Municipales en Val-de-Marne : le Front de Gauche s’ouvre à l’opposition de gauche

Logo PG94Jeudi 6 mars 18h, fin du dépôt des listes pour les élections municipales. En attendant le verdict du peuple, il est l’heure de tirer les premiers enseignements sur le paysage politique nouveau qui se dessine dans le Val-de-Marne. Et le fait marquant, c’est bien l’émergence d’une large opposition de gauche à la politique gouvernementale. Partout où il a affirmé sa stratégie d’autonomie conquérante, le Front de Gauche a su en être le moteur. Par leur détermination et leur engagement, les militant-e-s du Parti de Gauche ont permis de bousculer le paysage politique val-de-marnais, prémisses à des changements à venir plus profonds encore.

Le Val-de-Marne, Département présidé par le communiste Christian Favier et dont 13 maires sortant-e-s sont Front de Gauche, est emblématique de la dynamique actuellement à l’œuvre. Certes le Val-de-Marne est divers. Des villes de près de 100.000 habitants y côtoient des villages de moins de 5000 habitants. Pour autant, au milieu des jeux d’appareils des uns et des stratégies à géométrie variable des autres, le Parti de Gauche a su insuffler la seule cohérence qui vaille dans ces municipales : celle de la clarté politique, en refusant de dissocier les méfaits de la politique austéritaire coordonnée à l’Elysée des politiques qu’il faudra bien mettre en œuvre dans les Hôtels de ville.

Ainsi, sur les 47 villes du département, le Parti de Gauche sera présent dans 26 villes et notamment dans près de 85 % des villes de plus de 20.000 habitants. C’est donc une mise en mouvement exceptionnelle pour ce jeune parti qui est en train d’acquérir dans ces campagnes une expérience irremplaçable pour la suite. Et il s’agit bien d’un vrai baptême du feu si l’on regarde les configurations dans lesquelles les camarades du Parti de Gauche ont été défendre leurs idées.

Partout où cela a été possible, le Parti de Gauche du Val-de-Marne a fait le choix du Front de Gauche. Pas le choix d’une étiquette posée sur un produit pour mieux le vendre. Non. Le choix du Front de Gauche en tant que stratégie politique. Celle du refus des politiques d’austérité comme pivot de notre action et pour cela, comme l’indique le texte stratégique commun adopté par le Front de Gauche en janvier 2013 : « Nous nous adressons à toutes celles et ceux qui, à gauche, quelles que soient leur préférence et appartenance politique, veulent agir et ne se retrouvent pas dans les choix d’austérité du gouvernement ».

Cela a permis de réaffirmer le Front de Gauche comme vecteur essentiel pour fédérer les oppositions de gauche à la politique de François Hollande. Ainsi, dans 17 villes sur 26, le Parti de Gauche sera aux côtés du Parti Communiste Français. Que ce soit là où des maires Front de Gauche sont sortants comme à Fontenay-sous-Bois, Champigny-sur-Marne, Ivry-sur-Seine, Villejuif, Chevilly-Larue, Choisy-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges, Gentilly, Limeil-Brévannes, ou encore dans des bastions de la droite où nous entendons bien porter le combat comme à Vincennes, Le Perreux-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés, Saint-Maurice, Nogent-sur-Marne, Villiers-sur-Marne ou Thiais. Parfois nos forces ne nous ont pas permis d’apparaître mais nous avons néanmoins essayé, à notre manière d’apporter le coup de main nécessaire, comme par exemple à Villeneuve-le-Roi où le communiste Joël Josso mène un combat exemplaire.

Partout où le refus de l’austérité et la dénonciation de la politique gouvernementale se sont imposés, nous nous sommes impliqués. C’est dès lors un acquis que d’avoir vu les sections locales du Parti Socialiste rejoindre ces listes d’opposition de gauche à Champigny-sur-Marne, Villejuif, Choisy ou encore Villeneuve-Saint-Georges. Ailleurs, elles ont préféré adouber le duo Hollande-Ayrault et elles portent dans cette campagne le fardeau de l’allongement de la durée de cotisation pour la retraite, de la mise en charpie du code du travail avec l’ANI, de la suppression programmée du département du Val-de-Marne, de la saignée réitérée encore cette semaine contre les finances des collectivités locales qu’elles prétendent pourtant diriger. Dont acte. La leçon qui leur sera infligée à Ivry, à Fontenay, ou encore à Chevilly-Larue nous réjouit par avance.

Et parce que justement il fallait faire la lumière sur la malhonnêteté intellectuelle qu’il y a à défendre la politique de l’offre de François Hollande au Parlement et à s’en acquitter à bon compte localement, le Parti de Gauche a tenu à proposer aux citoyen-ne-s une alternative à gauche dans les villes où se présentent les parlementaires solfériniens. C’est ainsi que des listes d’opposition de gauche seront bel et bien présentes à Alfortville face au sénateur Carvounas, au Kremlin-Bicêtre face au député Jean-Luc Laurent, à Cachan chez le sénateur Le Bouillonnec, à Limeil-Brévannes et Villeneuve-Saint-Georges face à Roger-Gérard Schwarzenberg, ou encore chez Jean-Jacques Bridey à Fresnes. Bien sûr, la logique et la cohérence eut voulu que le Front de Gauche soit rassemblé dans ces combats emblématiques, d’autant plus qu’ils recouvrent bien souvent des attaques contre le Département de la part des solfériniens qui, dans les pas de Luc Carvounas, veulent lui substituer la métropole ou encore expulser les communistes de terres et de collectivités qu’ils ont eu le soin et le courage de gérer au nom d’un humanisme radical depuis de longues années. Cela n’a pas été possible pour des raisons qui doivent apparaître bien obscures aux citoyens mais là aussi nous en prenons acte. Mais nous n’oublions pas et nous ne faisons pas comme si nous n’avions pas vu que certains accords et/ou calculs personnels ont prévalu au détriment de la pensée stratégique du Front de Gauche.

Là où la prolongation du Front de Gauche dans sa construction naturelle avec le PCF n’a pas été possible, le terrain n’a pas été abandonné aux solfériniens pour autant et le peuple et l’électorat du Front de Gauche n’ont pas été laissés en déshérence. D’abord parce que le Front de Gauche ne saurait se réduire à ces deux organisations. C’est ainsi que le Front de gauche vit par exemple au Kremlin-Bicêtre à travers la campagne menée conjointement par Ensemble et le Parti de Gauche aux côtés de citoyen-ne-s se reconnaissant dans la démarche. Parfois même cet attelage a été rejoint par le NPA comme à Alfortville. Mais surtout parce que le Front de Gauche a vocation à ouvrir ses portes aux citoyen-ne-s mais aussi aux organisations qui sur la base de convergences politiques entendent lutter pied à pied contre l’austérité. Ainsi, l’élargissement attendu du Front de Gauche s’est largement opéré autour du programme écosocialiste du Parti de Gauche et de celui d’Europe-Ecologie-Les Verts. Ainsi à Maison-Alfort, Orly ou encore Cachan. Plus que des alliances de circonstances, ces rapprochements témoignent de l’émergence d’une véritable majorité alternative puisque Front de gauche et Europe Ecologie-Les Verts ont également acté des listes à Fontenay-sous-Bois, à Ivry, à Chevilly-Larue, à Nogent-sur-Marne, à Gentilly, ou encore à Saint-Maurice. Ce sont ainsi pas moins de 11 villes val-de-marnaises dans lesquelles Parti de Gauche et Europe Ecologie-Les Verts se retrouvent côte à côte à l’occasion de cette élection municipale.

 Enfin, c’est une fierté que de voir ce renouvellement et cette relève militante qui émerge au sein du Parti de gauche. Notre participation sur les listes en témoigne tout autant que nos trois têtes de liste dans le département. Et à chaque fois, ce sont des militantes qui ont été désignées pour assumer cette tâche, que ce soit Emilie Bertrand à Charenton, Nathalie Levallois à Alfortville ou encore Jocelyne Pigrée à Limeil-Brévannes. Bravo à elles car il n’est jamais aisé de faire ce petit pas de plus en avant qui conduit à la ligne de front.

En faisant le choix de la cohérence politique et en ouvrant l’espace démocratique de manière à ce que puissent s’exprimer dans les urnes celles et ceux qui, de gauche, refusent la politique de François Hollande, le Parti de gauche a déjà fait œuvre utile. En responsabilité, il s’est engagé pour préserver les acquis du Front de Gauche. Par clarté, il a proposé des confrontations démocratiques avec les solfériniens. Par engagement résolu, il va ferrailler pour battre la droite et l’extrême-droite. Quel meilleur rempart contre le Front national que des listes d’opposition de gauche qui élargissent l’offre politique et luttent ainsi contre l’abstention et la tentation de la contestation par le vote FN, alors même que ce parti en appelle dans ses tracts abjects distribués sur le département à ce qu’il y a de plus vil dans l’espèce humaine en mettant en avant la stigmatisation, le rejet de l’autre et le repli sur soi.

Cette élection municipale ressemble bien pour le Parti de Gauche aux 12 travaux d’Hercule tant la basse politique peut prévaloir au regard des accords de circonstances et autres comptes d’apothicaires. Parce que nous avons avancé sans entrer dans ce marigot, nous avons pu dès le départ nous adresser au peuple et porter une parole simple, claire et entendable. Il reste un peu plus de 15 jours pour mener ce dialogue démocratique à son terme puis le peuple tranchera. Et je n’ai pas de doute sur le fait que son verdict sera une invitation à amplifier le mouvement qui vient d’être initié. Avanti !

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