Hollande s’acharne sur les 5 de Roanne

AmnistieLe pacte de responsabilité entre François Hollande et le Medef ne saurait souffrir aucune contestation, surtout pas syndicale. Le jour même où il présentait ses vœux, le Président et son gouvernement poursuivaient une fois encore, dans un écoeurant acharnement,  les militants de lutte que la justice venait pourtant de relaxer. Mardi 31 décembre, le Parquet général de Lyon aux ordres donnait ainsi instruction au Procureur de de la République de Roanne de faire appel de la relaxe des « Cinq de Roanne », ces syndicalistes poursuivis pour avoir refusé un prélèvement ADN suite à leur mobilisation pour dénoncer la contre-réforme des retraites Fillon-Sarkozy.   

 L’affaire était pourtant close. Le 17 décembre, le Tribunal correctionnel de Roanne avait prononcé la relaxe des cinq militants CGT. Le Procureur de Roanne avait pris acte de cette décision et n’avait pas fait appel. Mais le 31 décembre, c’est le Parquet général de Lyon qui sortait de sa boîte et décidait de faire appel. Un nouveau procès aura donc lieu.

Une telle décision est bien évidemment un message politique envoyé par le pouvoir aux salariés. Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, ne s’y est pas trompé en déclarant dans un communiqué : « Il ne s’agit là que d’une décision éminemment politique visant à poursuivre la criminalisation de l’action syndicale et une attaque grave contre les libertés d’expressions ».

Que François Hollande danse le soir la danse du ventre devant le Medef en répondant point par point au « pacte de confiance » demandé par le Medef par son « pacte de responsabilité » est une chose. Qu’il cherche à briser l’après-midi les moyens d’action et de résistance des salariés en frappant les militants et leurs organisations en est une autre, finalement bien complémentaire. Ce n’est que le triste prolongement du refus gouvernemental de l’amnistie des militants syndicaux, associatifs et écologistes en 2013. Le texte, qui arivait pourtant très édulcoré à l’Assemblée nationale en mai dernier, avait été renvoyé aux calendes grecques et n’a à ce jour toujours pas été reprogrammé.  Non content de l’enterrer, François Hollande, le « président des entreprises » tel qu’il s’est auto-proclamé, bascule désormais clairement dans le camp de la réaction.

« Toutes les paroles, toutes les attitudes du gouvernement nous signifient la guerre ; je dirais presque que toutes ses pensées sont tournées contre nous, si peut-être la conscience de quelques-uns des hommes qui sont au pouvoir n’était traversée parfois par certains ressouvenirs. Mais je suis sûr que ceux-là mêmes nous détestent plus encore que nos ennemis de la veille, parce que nous leur sommes l’occasion incessante de douloureux retours sur eux-mêmes.

Donc, c’est contre nous le combat avoué, déclaré, implacable ; et en vérité, on nous fait le grand honneur de calculer par rapport à nous tout le mouvement politique. Aussi je ne viens pas vous demander : Entendez-vous nous seconder, ou nous combattre ? La question est résolue depuis plusieurs mois.

On enverra aux préfets de bonnes circulaires pour que tous les fonctionnaires, petits ou grands, donnent contre le socialisme ; on demandera aux procureurs généraux des rapports confidentiels[…] ; au besoin, de-ci, de-là, on administrera quelques coups de lance, on traduira en justice quelques syndicats, et alors, quand il aura été bien démontré au peuple – qui, paraît-il, ne prend pas le socialisme au sérieux, qui joue simplement au socialisme – que c’est un jeu dangereux et une mode surannée, tout sera fini : le prolétariat renoncera à ses vastes groupements, il ne formulera plus ses revendications de classe, il saluera comme une bienfaisante loi de nature la concentration graduelle de la puissance économique en un nombre de mains toujours plus petit ; il saluera dans le salariat une institution définitive, et n’ayant plus rien à adorer, il adorera le capital éternel ».

Voilà ce qu’était la réponse de Jean Jaurès au Président du conseil Charles Dupuy le 21 novembre 1893. Elle date de 120 ans, dans ces temps ombrageux où nous ramènent François Hollande et sa politique de classe. Elle ne saurait mieux s’appliquer aujourd’hui.

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