Taxe à 75 % dans le football : Ici, c’est Mos-co-vici !

PSGL’imposition à 75% des revenus supérieurs à 1 million d’euros n’en finit plus de d’être rabotée par le gouvernement. Et la liste des exemptions s’allonge chaque jour un peu plus au gré des injonctions des maîtres de la finance auprès de ses valets gouvernementaux. Dans le Figaro daté du 30 septembre, la ministre des sports Valérie Fourneyron explicite ainsi le contournement du dispositif prévu par Pierre Moscovici à Bercy pour préserver les clubs de football et surtout leurs riches propriétaires quatari ou russes. Entons dans le détail.

A dire vrai, le titre de l’interview sonnait comme une bonne nouvelle : « Le football sera concerné par la taxe à 75 % ». Pour mémoire, la ligue de football professionnel (LFP) avait dès l’hiver 2012 entrepris un lobby auprès de Bercy qui fut d’autant plus entendu que son président Frédéric Thiriez est un habitué des cabinets ministériels solférinistes (voir l’article Thiriez la chasse sur le sujet). Depuis, l’imposition à 75% des salaires des footballeurs supérieurs à un million d’euros est un sparadrap accroché aux navettes de Bercy. Et Pierre Moscovici qui entend bien céder aux sirènes quatariennes même s’il cherche à contourner l’effet désastreux d’un tel affichage. Pour ce coup-ci et pour avancer masqué, il faudra lui dire que c’est encore raté !

Car il ne faut pas pousser très avant dans l’interview de la ministre des sports pour voir apparaitre la fumisterie  que constitue sa proposition : « Comme l’a très bien dit Pierre Moscovici, il n’y a pas de mesure dérogatoire et particulière pour le football qui sera bien concerné par la taxe sur les hauts revenus. En revanche, nous avons pris en compte la fragilité de son modèle économique. C’est pourquoi nous avons décidé de plafonner son montant à 5% en fonction du chiffre d’affaires des clubs. La mesure s’appliquera sur les revenus de 2013 et de 2014. L’impact de cette nouvelle mouture sera, en revanche, bien inférieur aux chiffres avancés par Frédéric Thiriez (qui l’estime à 44 millions pour l’ensemble des clubs de Ligue 1) ».

Et hop, un petit plafonnement pour raboter presque entièrement la mesure ! Je ne reviendrai pas ici sur les chiffres connus des lecteurs de ce blog (moyenne des salaires des joueurs de Ligue 1 estimée à 480.000 € annuels, 110 étant supérieurs à 1 million d’euros), mais je me propose de me pencher sur un cas concret puisqu’en réalité, cette mesure vaut essentiellement pour ces cas marginaux pour lesquels Bercy est prêt à sacrifier sa mesure.

Voyons comment à partir d’un seul club et d’un seul joueur de ce club le projet gouvernemental apparait dans sa nudité. Le Paris Saint Germain (PSG) a été racheté il y a deux ans par QSI, riches propriétaires quatari, qui achètent à tout va, au-dessus des « prix du marché », des joueurs de renommée mondiale pour parfaire leur implantation géopolitique en France. Le PSG a ainsi « acheté » cette année Edison Cavani pour 64 millions d’euros, le tout jeune Marquinhos pour 35 millions etc…Tout cela est un réel problème mais ce n’est pas celui qui nous concerne aujourd’hui qui a uniquement trait aux salaires.

Un joueur comme Zlatan Ibrahimovic du même PSG touche désormais 16,3 millions d’euros annuels. De fait, il est concerné par l’imposition à 75% au-dessus du million d’euros. Celle-ci repose donc sur 15,3 millions (16,3 – 1), imposés à 75 % soit une retombée pour l’état et les contribuables de 11,475 millions. Or Pierre Moscovici vient de plafonner cette imposition pour chaque club à 5% de son chiffre d’affaire. Celui du PSG est d’environ 100 millions d’euros, ce qui représente donc 5 millions. A ce titre, le Quatar Saint Germain devra donc s’acquitter d’une imposition de seulement 5 millions d’euros pour l’ensemble des salaires versés à la trentaine de ses joueurs sous contrat. Autrement dit le plafond est explosé avec un seul joueur ! Il faudrait ajouter les manques à gagner pour le peuple des salaires de Cavani, Thiago Silva, Javier Pastore, Lavezzi, Thiago Motta, Marco Verrati, Blaise Matuidi, Lucas, Maxwell, Sirigu, Laurent Blanc…

Les salaires mirobolants sont l’apanage de quelques clubs qui se sont lancés dans cette politique absurde dont les exonère aujourd’hui Bercy au mépris de tout critère sportif. Le gouvernement vient une fois encore de se déshabiller devant l’oligarchie avec laquelle il fricote. Et cette fois, nul ministre ni media ne vient pleurer sur cette nouvelle « niche fiscale » quatari-centrée. Car le PSG, s’il n’est pas le seul, en est bien sûr le principal bénéficiaire. Désormais, dans les kops Boulogne et Saint Coud, on pourrait afficher et chanter : ICI, C’EST MOS-CO-VICI

 

 

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