Ayrault et Peillon défient les syndicats…de loin

Marche dans le désertOn connaissait les cordons sanitaires nécessaires aux sorties de Nicolas Sarkozy. Ce gouvernement en est lui à ériger des No man’s land pour éviter d’avoir à croiser le peuple. Alors que Jean-Marc Ayrault et Vincent Peillon sont attendus jeudi 14 février au lycée Colbert de Reims pour promouvoir les emplois d’avenir dans l’éducation, les services du Ministre de l’intérieur Manuel Valls et ceux du Premier Ministre viennent d’interdire la manifestation à l’appel de la FSU et de la CGT qui devait se tenir devant le lycée pour la rejeter à l’autre bout de la ville 5 km plus loin.

Légitimement, les syndicats ont protesté auprès du Premier Ministre (courrier du secrétariat académique du SNES-FSU à lire ici). Si d’ici jeudi 14 février les syndicats n’ont pas gain de cause, le tableau parlera de lui-même : Ayrault et Peillon avec Colbert, les syndicats devant la sous-préfecture de la République.

Cette pantalonnade s’inscrit malheureusement dans une trajectoire gouvernementale. A Notre-Dame-des-Landes, Manuel Valls avait fait donner la troupe pour éradiquer ce qu’il qualifiait de « kyste ». Chez Goodyear à Amiens ou à Aulnay devant PSA, le ministre de l’intérieur a fait bomber le torse à ses services pour intimider ceux qui luttent et qui résistent. A Strasbourg, la répression au flashball contre les mouvements sociaux a fait perdre un œil à un syndicaliste de la métallurgie. Alors après avoir soufflé depuis une semaine sur les braises et joué au Père fouettard en pointant le danger de « radicalisation », le Ministre de l’intérieur croit venu le temps de disperser les manifestations par avance.

Ça suffit ! Le mépris par ce gouvernement du mouvement social et de l’action des militants syndicaux et associatifs est insupportable. Celles et ceux qui refusent d’accepter la casse du service public et la saignée de l’austérité doivent pouvoir continuer à défendre l’intérêt général, même si ce dernier n’évoque rien du côté de Matignon ou de la rue de Grenelle.

Le gouvernement doit séance tenante mettre fin à ces pratiques d’ancien régime. La criminalisation de l’action syndicale qui avait tenu lieu de politique sociale sous Sarkozy doit être brisée. La proposition de loi pour l’amnistie des syndicalistes et militants associatifs déposée par les parlementaires du Front de Gauche et qui arrive en discussion au Sénat doit être soutenue sans ambigüité par le gouvernement. Tout autre geste témoignerait non seulement de la continuité mais aussi d’un sinistre basculement de camp.

2 commentaires sur “Ayrault et Peillon défient les syndicats…de loin

  1. a la fin de la manif d’hier, les policiers ont également utilisé les gaz lacrymogenes …

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