La Fonction publique, c’est l’outil du service public, pas de l’austérité !

précarité FPMardi 29 janvier, c’étaient les salariés d’une vingtaine d’entreprises (Fralib, Sanofi, PSA, Candia …) où sont en cours des plans massifs de licenciements qui manifestaient près du ministère du travail pour exiger que l’engagement de campagne de François Hollande d’une loi contre « les licenciements boursiers » soit tenu. Deux jours après, c’est la fonction publique et les usagers des services publics qui défilent à l’appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires. S’il est trop tôt pour parler de convergence des luttes, il y a déjà au moins une grande élévation de la conscience du peuple sur la convergence des causes : l’austérité et ses déclinaisons que sont la précarité, la compétitivité et la rentabilité.

Partout, la précarité est érigée en modèle social.  Dans la fonction publique comme dans le reste de la société, une précarisation accrue des conditions de vie est à l’oeuvre. Les belles personnes se résignent à ce que les citoyens de notre pays soient condamnés à survivre. Le niveau salarial de la fonction publique est une honte pour notre Nation ! 25% des agents ont un salaire au niveau du SMIC. Avec le gel du point d’indice, les prix grimpants et l’augmentation de la cotisation retraite les fonctionnaires subissent une perte de salaire.

La rentabilité et la compétitivité dictent désormais aux libéraux de tous poils un modèle de société. Il en est jusqu’au gouvernement qui reprend les termes mêmes à son compte. Le pacte de compétitivité est la preuve cynique du choix qui a été fait. La concurrence règne en maître. Même les services publics sont sommés de s’y soumettre et donc de disparaître pour faire place  aux  « missions de services publics », missions pouvant être exercées par le privé qui n’a comme objectif unique que le profit.

C’est bien l’austérité qui charpente ce nouvel édifice. Si le bilan de l’ère Sarkozy est lourd avec 150.000 postes supprimés dans la Fonction publique ce qui conduit partout à l’affaiblissement voire par endroits la disparition du service public, le gouvernement Ayrault n’est pas en reste. Seul le vocable change quand il substitue la MAP (modernisation de l’action publique) à la RGPP de Sarkozy. Il va jusqu’à couper 10 milliards dans les dépenses publiques pour financer le crédit d’impôt compétitivité au profit des entreprises. Si le gouvernement annonce la création de 90.000 postes sur 5 ans uniquement pour  la Justice, l’Intérieur et l’Education Nationale, il avoue dans le même temps que sera à effectifs constants et que donc ce seront autant de saignées dans les autres services publics. Pire : ce gouvernement ne fait preuve d’aucune anticipation des besoins de notre population : plus de 100.000 emplois sont d’ores et déjà nécessaires dans les établissements de santé, sociaux et médicaux notamment pour répondre au vieillissement de la population. Mais on ne voit rien venir sinon des contresens économiques, écologiques et sociaux comme ces 12 milliards d’euros d’aides et d’exonérations fiscales et sociales offerts au patronat.

Puisque c’est une nouvelle organisation sociale que cherchent à faire prévaloir les libéraux, ils ont besoin de mettre à terre celle qui lie aujourd’hui nos concitoyens et matérialise l’indivisibilité du peuple : la République. L’acte III de la décentralisation arrive dans ce contexte pour contraindre notre pays à s’inscrire dans le cadre institutionnel européen et pour répondre aux exigences de la mise en concurrence. La compétition entre les territoires, les services publics, les agents et les usagers deviendrait la nouvelle règle. Le dumping économique et social s’institutionnaliserait jusqu’à ce qui est l’outil de l’intérêt général : le service public. Une telle logique n’a aucun sens !

Il est temps de rompre avec le process libéral qui se pare désormais du cadre auto-contraint de l’austérité. Il faut commencer par déprécariser la fonction publique. L’accord du 31 mars sur cette question a produit des effets dévastateurs, les coupes budgétaires s’étant faites sur le dos des précaires. Il faut augmenter les salaires pour en finir avec la récession. Augmenter la valeur du point d’indice de 5% c’est faire entrer 600 millions d’euros de cotisations pour l’assurance maladie, c’est injecter de l’argent direct dans notre économie. Il faut enfin aller vers le statut unique de la fonction publique pour mettre fin aux logiques clientélaires et au recrutement sur profil qui éloignent le fonctionnaire de sa mission de service pour l’intérêt général. Il faut bien sûr contrer avec la plus grande fermeté l’acte III de la décentralisation, véritable bombe à fragmentation contre la République.  

Bien d’autres pistes pourraient être envisagées pour répondre aux défis du XXIème siècle, dès lors qu’elles seraient construites avec les citoyens et pour l’émancipation du peuple plutôt que sa soumission. La déconcentration par exemple, si elle est correctement articulée, pourrait démultiplier la force du service public sur le territoire et permettre d’innover pour faire une force des spécificités territoriales.

Et bien sûr, il faut lutter et résister, élever la conscience individuelle et collective pour que l’intérêt général s’impose à l’austérité et ses corollaires. Je vous propose de retrouver ci-dessous le communiqué que j’ai envoyé au nom du Parti de Gauche pour soutenir la mobilisation du jeudi 31 janvier à laquelle je participerai aux côtés de Jean-Luc Mélenchon.

Communiqué du Parti de Gauche

La Fonction publique, c’est pour le service public, pas l’austérité, la compétitivité, la rentabilité

François Cocq, secrétaire national au service public

La journée d’action unitaire dans la Fonction publique rappelle au plus grand nombre qu’il ne peut y avoir de service public, outil de l’intérêt général, sans une Fonction publique préservée des assauts de l’austérité, de la compétitivité et de la rentabilité. 

Pour le Parti de Gauche, la précarité dans la Fonction publique doit être éradiquée ! Qu’attend le gouvernement pour lancer un vaste plan de titularisation, augmenter les salaires, mettre en place le statut unique de la fonction publique quand on y dénombre 870.000 précaires et que 25% des agents ont un salaire au niveau du SMIC ? 

Pour le Parti de Gauche, la compétitivité et la rentabilité doivent être étouffées ! Pourtant, après la RGPP et les 150.000 suppressions de postes sous Sarkozy, le gouvernement Ayrault prolonge le mouvement avec la MAP (modernisation de l’action publique) et 10 milliards de coupes budgétaires dans les dépenses publiques pour financer le crédit d’impôt au profit des entreprises. 

Pour le Parti de Gauche, la mise en concurrence des territoires, des agents et des usagers doit cesser ! L’acte III de la décentralisation représente pourtant une attaque frontale contre le cadre républicain dont le service public est le garant.

Le Parti de Gauche sera donc jeudi 31 janvier aux côtés des agents et des usagers du service public qui défileront partout en France à l’appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires. Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche, et François Cocq, secrétaire national au service public seront présents dans le cortège parisien. 

Paris, le 30 janvier 2013

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