Avec Peillon, l’Histoire s’écrit à reculons

école gratuite« L’éducation nationale étant la dette de la République envers tous, tous les enfants ont droit de la recevoir, et les parents ne pourront se soustraire à l’obligation de les faire jouir de ses avantages. » proclamait en 1793 le rapport parlementaire sur l’éducation gratuite, obligatoire et nationale. En 1881 et 1882, les lois Ferry l’ont confirmé face aux réactionnaires qui s’acharnaient à revenir sur cet immense œuvre émancipatrice. Vincent Peillon prend lui le contre-pied. Au détour du décret sur les rythmes scolaires, il met à bas le principe de gratuité et ce faisant remet en cause l’obligation scolaire qui en découle. Honte à ceux qui foulent au pied l’héritage de l’humanisme radical et progressiste et commettent là l’irréparable. La guerre scolaire qu’ils prétendaient ne pas vouloir rallumer contre l’enseignement catholique, ils se croient autorisés à la lancer contre la République.  

 

Communiqué du Parti de Gauche

François Cocq, Secrétaire national à l’Education

Avec Peillon, l’Histoire s’écrit à reculons

Jusqu’au samedi 26 janvier 2013, en France, l’école publique était laïque, gratuite et obligatoire. Mais au détour de la publication au Journal officiel du décret instaurant la semaine de 4,5 jours à l’école primaire, Vincent Peillon vient de signer la fin de la gratuité et de ce fait de l’obligation scolaire.

Comme   l’ont confirmé le socialiste André Laignel, premier vice-président délégué de l’Association des Maires de France (AMF), puis le ministère lui-même, le caractère gratuit ou payant des activités périscolaires issues de la réforme des rythmes « dépendra des collectivités locales » et elles « ne seront obligatoires ni pour les enfants et les parents, ni pour les collectivités territoriales ». Les enfants nés au mauvais endroit ou qui ne payeront pas seront donc mis à la porte de l’école !

Vincent Peillon nous ramène à l’âge de pierre de l’ancien régime en termes d’instruction publique. Quand, dès 1792 Condorcet proclamait l’extension de la gratuité, qui était ensuite confirmée en 1793 dans le rapport parlementaire sur l’éducation gratuite, obligatoire et nationale, quand les lois Ferry de 1881 et 1882 réaffirmaient cette volonté face aux réactionnaires de tous poils, le gouvernement Ayrault troque lui l’école républicaine contre l’école à la carte, laissant les collectivités se débrouiller face à l’austérité qu’il leur impose.

En République, le caractère obligatoire est consubstantiel à la gratuité ! En s’attaquant aux fondamentaux de l’école républicaine, le gouvernement signe une division irréparable ! Pour le Parti de Gauche, l’école doit se faire à l’école, elle est obligatoire partout, pour tous les élèves et gratuitement.

3 commentaires sur “Avec Peillon, l’Histoire s’écrit à reculons

  1. « Peillon nous ramène à l’âge de pierre de l’ancien régime en termes d’instruction publique. »

    Comment voulez-vous que l’on vous prenne au sérieux avec des phrases comme ça ? Un Secrétaire national à l’Education se devrait de donner l’exemple et ne pas tomber dans les facilités de l’excès ! (rude tâche vu l’exemple régulièrement donné par votre porte-drapeau lui-même…🙂

  2. Mais enfin ! La chasse aux voix ne s’embarrasse d’aucun scrupule, voyons ! Et puis le communiqué reste mesuré, il n’a pas (encore) traité qui que ce soit de fasciste. Il faut dire, le fascisme n’existait pas à l’âge de pierre.

    Combien de temps, avec des âneries pareilles, faudra-t-il au Front de Gauche pour retrouver les 2 % du défunt Parti Communiste ? Hélas peu d’années, je le crains.

    • francoiscocq dit :

      Merci pour vos commentaires constructifs.
      Je vous rassure, je ne comparerai JAMAIS certains au fascisme. Je reste horrifié d’avoir vu une telle assimilation dans la bouche de Monsieur Carvounas, secrétaire national du Parti socialiste aux relations unitaires, qui déclarait le 10 janvier au journal Le Monde que « Le Front National aurait pu signer l’esprit [des voeux du PC] ».
      Pour le reste, je vous renvoie dans le cadre du débat argumenté à la déclaration de 1793 que je mets en exergue ou aux lois Ferry qui sont suffisamment claires sur le sujet.
      Le diable étant dans les détails, je vous invite à réfléchir à ce que vient d’annoncer le ministre en une semaine : socle commun qui segmente les apprentissages -> réforme des rythmes -> externalisation de certaines activités péri-scolaires -> fin de la gratuité – > fin de l’obligation scolaire. Mais je fois avoir mauvais esprit. Ou alors une bonne mémoire pour retrouver là toutes les préconiosations libérales émises par l’OCDE dans les années 90…

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