Réflexe de classe contre la carte scolaire

sans-titreJ’ai découvert avec horreur le nouveau coup de poignard dans le dos de l’école de la République d’un édile socialiste qui veut dans sa baronnie de Limoges faire définitivement voler en éclat la carte scolaire. Cette sortie du député maire Alain Rodet ne saurait être déconnectée du calendrier gouvernemental qui verra mettre sur la table dans les prochaines semaines la loi d’orientation scolaire alors même que François Hollande s’était clairement prononcé durant la campagne présidentielle pour un assouplissement de la carte scolaire. Vous retrouverez ci dessous le communiqué que j’ai envoyé ce jour au nom du Parti de Gauche

Communiqué du Parti de Gauche

François Cocq, secrétaire national à l’éducation

Alain Rodet, député maire socialiste de Limoges depuis 1981, fait voler en éclat la carte scolaire. Il vient en effet de proposer aux parents limougeauds d’inscrire leur enfant dans l’école de leur choix.

A quelques jours du passage de la loi d’orientation scolaire au conseil des ministres et après que François Hollande ait proposé durant sa campagne devant la FCPE que les parents puissent choisir parmi un « pool » d’établissements, le flou savamment entretenu par le gouvernement laisse les plus libéraux d’entre eux de se lâcher et d’expérimenter les pires ballons d’essai.

Ouvrir ainsi la brèche au moment même où l’enseignement catholique mène l’offensive pour renforcer son caractère propre ne pourrait parallèlement  être vu que comme une génuflexion devant Eric de la Barre et ses dévots qui profiteront à plein de l’effet d’aubaine issu de la mise en concurrence entre établissements.

Le Parti de Gauche dénonce avec la plus grande fermeté cette rupture de l’égalité républicaine et l’opportunité donnée à celles et ceux, qui contre la mixité sociale et le peuple indivisible, veulent utiliser l’école pour faire de l’entre soi et du regroupement de classe.

2 commentaires sur “Réflexe de classe contre la carte scolaire

  1. Un partageux dit :

    François,

    Ton texte m’incite à te faire deux remarques.

    1) La carte scolaire n’existe pas toujours dans les faits. Loin de là. Par exemple l’école primaire de mon quartier devrait recevoir, selon sa directrice, 25 enfants d’enseignants et n’en accueille… pas un seul ! Ce n’est pourtant pas un quartier déshérité mais vraiment mixte entre habitat social, pavillons et maisons de ville, entre revenus faibles et classe intermédiaire.

    2) La carte scolaire n’est pas toujours un moyen d’obtenir la mixité sociale. Imposer une carte scolaire c’est seulement se conformer à la ségrégation spatiale qui est le plus souvent fort efficace. Par exemple un quartier (pas loin de 8 000 habitants tout de même !) de ma ville compte près de 100% d’habitat social ! Tandis que dans d’autres quartiers le ticket d’entrée (accession à la propriété obligatoire) est au minimum à 200 000 euros.

    Partageux

    • Ancienne institutrice, j’ai terminé ma carrière en 1998. A l’époque, la carte scolaire s’imposait et les exceptions étaient plutôt rares. Les communes de gauche « pour de bon » étaient assez intelligentes pour diviser le territoire communal scolaire en faisant passer les « frontières » en plein milieu des cités populaires, des zones pavillonnaires, des quartiers riches et des quartiers pauvres. Elles s’arrangeaient pour obtenir une mixité sociale dans toutes les écoles, quitte à revoir le découpage de temps en temps.

      Par ailleurs, je souhaite rappeler que le maire de Limoges a eu l’audace d’installer une école privée non confessionnelle, école associative de langue régionale, à la suite d’une inondation passagère, dans les locaux d’une école publique qui possédaient d’anciens bâtiments dans lesquels les enseignants organisaient des activités et une garderie pour les élèves. Il a fallu une lutte dure de la FCPE locale pour mettre un terme à cette occupation de plusieurs mois. Il faut ajouter que cette école occitane bénéficie de grosses subventions des diverses collectivités locales et reçoit en sus les frais importants d’inscription à l’association. Elle bénéficie aussi de la sympathie des habitants toujours attachés aux traditions limousines et pourtant … certains de ses anciens ou actuels responsables ont des préférences politiques très discutables.
      Vous pouvez lire à ce sujet un article très précis sur le site du Canard Républicain à propos de « La Calendreta », nom de cette école.

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