Reculer avec le Medef ou marcher avec les salariés, il faut choisir !

11099554-chaussures-de-marche-et-un-fond-blancQuelle semaine de mise à nu du gouvernement devant les salariés ! Commencée par l’aveu d’un ministre « qu’il ne croit pas en la lutte des classes » et finie par un « accord » minoritaire régressif pour le droit du travail élaboré sur la base de travail du MEDEF dans un calendrier à marche forcée imposé par le gouvernement.

Mais pendant que le gouvernement s’appuie sur le MEDEF et les syndicats minoritaires, le Front de Gauche construit la résistance à l’austérité aux côtés de syndicats majoritaires, constitués en intersyndicale. Cette semaine s’annonce combative pour les forces résistantes : le Front de Gauche lance sa campagne contre l’austérité et nous, en Val de Marne, jeudi 17 janvier, on chausse nos souliers et on va braver le froid.

Revenons quelques instants sur les marches départementales qui auront lieu simultanément dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis. Sur leur construction et leur finalité, elles sont des cas d’école et sont symboliques de la période qui s’ouvre dans la construction large d’un front du refus, d’un front du peuple en marche.

Les syndicats, à l’initiative de ces marches, ont en effet sollicité les organisations politiques pour y participer mais aussi pour construire avec elles la mobilisation. Les graines semées tout le long du mois de septembre pour préparer la grande manifestation contre l’austérité qui a rassemblé 100.000 personnes à Paris le 30 septembre, anticipent aujourd’hui le printemps et commencent à bourgeonner dès l’hiver. Les liens renoués lors de la campagne présidentielle portée par Jean-Luc Mélenchon entre le peuple en mouvement et la parole politique ne sont pas prêts de se distendre à nouveau.

En Seine-Saint-Denis, c’est une marche pour l’emploi et l’avenir du département qui est appelée par l’inter-syndicale CGT, CFDT, FSU, CFTC, CFA-CGC, UNSA et Solidaires. Dans le Val-de-Marne, les unions départementales de la CGT, de Solidaires, de la FSU et de la CFTC ont quant à elles lancé une marche pour l’emploi, les salaires et contre les politiques d’austérité. Que chacun lise ce dernier intitulé avec toute l’attention qu’il mérite. Ce qui est ici posé par les syndicats, c’est tout à la fois la lutte, la résistance, mais aussi désormais la question du débouché politique.

Les préavis de grève se multiplient donc dans le Val-de-Marne, des cheminots de Villeneuve-Saint-Georges, à La Poste et Orange-France Télécom, en passant par les l’éducation nationale. Un appel à débrayage est lancé par le syndicat CGT Essilor, entreprise du CAC 40 domiciliée à Créteil (et d’où partira la marche) qui affiche un chiffre d’affaire de 2 milliards d’euros, en hausse de 6,7 % au premier semestre 2012, mais qui vient de faire échouer les négociations annuelles obligatoires en prétendant que les syndicats seraient trop gourmands ! Le matin même, les Sanofi de Vitry participeront à la manifestation nationale à Paris aux côtés de leurs collègues des autres sites avant de rejoindre le cortège Val-de-Marnais.

Allant au bout de la démarche, l’UD CGT du Val-de-Marne a sollicité par courrier l’ensemble des forces constituées du département,  partis et associations, pour les inviter à se rassembler et à participer à cette marche. Quand les autres partis politiques ont fait mine de ne pas entendre, le Front de Gauche du Val-de-Marne a au contraire  immédiatement fait part de sa disponibilité pleine et entière pour s’inscrire dans cette mobilisation. Une réunion entre les différents syndicats et le Front de Gauche le 20 décembre dernier a permis de démontrer les convergences sur l’analyse de la situation politique et sociale du pays et du Val-de-Marne. C’est donc tout naturellement que le Front de Gauche s’est inscrit dans la dynamique portée par les syndicats et qu’il soutient et participera en tant que tel à la marche départementale du 17 janvier.

Mais la spécificité de cet évènement ne s’en arrête pas là. C’est un travail conjoint qui a été initié en amont pour construire la mobilisation. A la déclaration de l’intersyndicale pour appeler à la marche du 17 janvier s’est ajouté un communiqué du Front de Gauche du Val-de-Marne qui fixait le même objectif et la même feuille de route. Mais c’est sur le terrain que les actions les plus notables se produisent. Les militants syndicaux distribuent depuis la rentrée un tract d’appel à la marche aux portes des entreprises du département. Loin des atermoiements de certains, les militants du Parti de Gauche ont immédiatement répondu à leur appel pour participer à leurs côtés à des distributions de leur propre matériel. Cette semaine, les rendez-vous entre militants sont fixés là sur le site d’Essilor ou devant L’Oréal,  ailleurs devant une gare, ailleurs encore sur un marché…

C’est bien le plus grand angle d’ouverture sur l’action de masse qu’ouvrent par leur initiative les syndicats. Ils posent la question de l’objet de la lutte et ils y répondent par la méthode. Voilà le pas essentiel qui est en passe d’être franchi à l’occasion de la marche du 17 janvier. En cela, le terme d’évènement n’est pas galvaudé car cette marche sera à bien des égards fondatrice.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s