2013 pour lutter, résister et changer

bandeau-3En cette nouvelle année, je me permets de vous faire partager les vœux que j’adresse à mes camarades de l’Agaureps-Prométhée (Association pour la Gauche Républicaine et Sociale-Prométhée) , groupe de réflexion et laboratoire d’idées que j’ai le privilège de présider (site internet ici). Ceux-ci s’adressent bien sûr tout autant à mes fidèles lecteurs.

Chers camarades,

La traditionnelle période des vœux peut vite s’avérer un réceptacle bien creux s’il s’agit d’énumérer la sempiternelle liste de souhaits qui reviennent d’année en année faute d’avoir été satisfaits. En matérialistes, nous devons au contraire jeter un coup d’œil en arrière pour mesurer le chemin parcouru et la tâche qui nous attend dans les mois à venir.

Il y un an, dans un contexte de crise financière, économique, écologique et sociale au final pas si éloigné de celui d’aujourd’hui, nos regards se tournaient vers l’horizon du 6 mai 2012. A l’AGUREPS-Prométhée, nous nous sommes engagés, à notre place, dans le large mouvement populaire qui a durant cette campagne permis de refaire du peuple l’acteur de sa propre destinée ou qui lui a, à tout le moins, permis d’affirmer sa volonté de reprendre celle-ci en main. Le premier résultat concret que nous appelions alors de nos vœux a trouvé sa déclinaison concrète : Nicolas Sarkozy a été dégagé du pouvoir ! Nous pourrions avec le recul minimiser l’acte accompli mais il serait sage de garder en mémoire qu’après une campagne où Sarkozy avait chassé sur les terres de l’extrême droite, après un entre-deux tours où les thèses du Front National ont occupé le centre du débat, le président sortant n’a été battu que sur le fil. Mais il a été battu. Fin de l’acte I.

Le rideau devait logiquement se lever sur une scène de rupture avec la décennie de droite libérale que nous avions connue. Le discours du Bourget de François Hollande, dont nous fêterons dans quelques jours l’anniversaire, promettait d’engager le bras de fer avec la finance. Patatras. Le premier sommet européen de juin marquait déjà le renoncement avant que le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union Européenne (TSCG) soit adopté en catimini et impose désormais à la France le carcan de l’austérité. En six mois, le rapport de force initialement favorable au gouvernement a été galvaudé pour s’achever piteusement par une retraite en rase campagne dont Florange et le sinistre Mittal ne sont finalement que les témoins. Le grand écart s’affiche désormais au quotidien comme  quand les hausses du RSA de 30 centimes par jour et du SMIC horaire de 3 centimes au 1er janvier coïncident avec le passage en force du gouvernement au Sénat, au nom de la « compétitivité », pour offrir sans compensation 20 milliards d’euros aux entreprises sous forme de crédits d’impôts, 20 milliards qui seront financés pour moitié par une hausse de la TVA et pour l’autre moitié par une réduction des dépenses publiques ! Fin de l’acte II…

La suite reste à écrire et c’est bien la tâche qui nous incombe pour les mois à venir. L’année 2013 est sans échéance électorale (a priori) mais elle porte en elle un contenu politique dont il convient de se saisir. C’est justement en ces circonstances que doit s’approfondir le débat argumenté, que se définissent les lignes de faille et celles de convergence. La droite, par sa course folle derrière son extrême, a incidemment clarifié un rapport droite-gauche que d’autres, par calculs ou reniements, s’efforçaient de gommer. Cela laisse d’autant plus la place pour se positionner au regard de ce qui structure aujourd’hui l’ensemble des politiques publiques : le primat de la finance et l’austérité. Soit l’austérité demeure la règle et dans ce cas l’acte III marquera l’achèvement de la tragédie. Soit une rupture avec l’ordre établi, celui de la finance et du règne de l’argent dans la société, est mise à l’ordre du jour, et dans ce cas l’histoire rebondit et s’écrit au jour le jour.

Il y a 120 ans, à la chambre des députés, Jaurès mettait en garde ses anciens compagnons de lutte désormais au pouvoir, républicains fervents mais déserteurs de l’humanisme et de l’universalisme au nom du pragmatisme, qui ne voyaient dans les aspirations populaires et le socialisme qu’une effervescence passagère : « Au besoin de-ci, de-là, on administrera quelques coups de lance, on traduira en justice quelques syndicats, et alors, quand il aura été bien démontré au peuple […]que c’est un jeu dangereux et une mode surannée, tout sera fini ; le prolétariat renoncera à ses vastes groupements, il ne formulera plus ses revendications de classe, il saluera comme une bienfaisante loi de nature la concentration graduelle de la puissance économique en un nombre de mains toujours plus petit ; il saluera dans le salariat une institution définitive et, n’ayant plus rien à adorer, il adorera le capital éternel. Alors, messieurs, avec ce gouvernement sauveur qui aura marché sur le fantôme, qui aura dissipé le cauchemar, vous pourrez vous livrer en toute sécurité, en toute sérénité, à la petite besogne quotidienne. Dans la maison capitaliste consolidée, vous pratiquerez quelques petites réparations pour passer le temps».  Avant d’en conclure : « Et c’est parce que le socialisme apparaît comme le seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale, c’est parce qu’il veut que la République soit affirmée dans l’atelier comme elle est affirmée ici, c’est parce qu’il veut que la nation soit souveraine dans l’ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, c’est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain ».

En 2013, l’AGAUREPS-Prométhée entend rester fidèle à cet universalisme et à cet humanisme radical qui l’ont vu naître pour animer la réflexion collective pour la République et le socialisme.

Permettez-moi chers camarades de vous souhaiter mes meilleurs vœux révolutionnaires et républicains pour cette nouvelle année.

François Cocq, Président de l’AGAUREPS-Prométhée

Un commentaire sur “2013 pour lutter, résister et changer

  1. Merci pour tout ce que tu fais pour nos combats et aussi à titre personnel je te dois un gros soulagement. Je te souhaite aussi une année pleine de petites et grandes satisfactions dans tous les domaines.
    Amitiés militantes. Danièle.

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