Ecole, refondation ou continuité ?

front-de-gaucheCommuniqué du Front de Gauche de l’éducation : Le Front de Gauche de l’éducation est un groupe constitué de syndicalistes enseignants, de militants pédagogiques, de sociologues, de chercheurs en sciences de l’éducation, de représentants des parents d’élèves et de représentants des organisations politiques du Front de Gauche dont je fais partie en tant que secrétaire national à l’éducation du Parti de Gauche. Constitué à l’occasion de la campagne présidentielle du Front de Gauche, ce groupe a depuis produit divers documents dont les 12 propositions du Front de Gauche pour l’Ecole de l’égalité (à retrouver ici). Le communiqué ci-dessous est l’une des réponses apportées au projet de loi d’orientation scolaire révélé il y a quelques jours par Vincent Peillon.

Ecole, refondation ou continuité ?

Communiqué du Front de Gauche de l’éducation

Quelques jours après la publication de son projet de loi d’orientation pour l’éducation, Vincent Peillon s’emploie à mettre en valeur le contenu de sa « refondation » de l’Ecole, par une initiative publique autour de la question des « nouvelles technologies ». Après le long feuilleton des « rythmes scolaires » dont le résultat pourrait bien être d’aggraver les disparités territoriales et de briser le cadre républicain, après ses déclarations sur la «morale laïque » qui ne se sont guère attardées sur les conditions d’une véritable émancipation individuelle et collective, voici donc la dernière façon dont le Ministre entend occuper le terrain médiatique.

 C’est que le projet de loi lui-même est bien mal fait pour emporter l’enthousiasme. Bien-sûr, le Front de gauche ne peut qu’approuver la réouverture des perspectives en matière de création de postes, de scolarisation précoce et d’annonce de la remise en chantier de la formation des enseignants. Mais qu’en est-il des objectifs que se donne le pays pour préparer à une société où l’humain primerait sur la finance ? Quels savoirs transmettre aux futurs citoyens et aux futurs travailleurs, de la maternelle aux lycées ? Peut-on  se contenter d’en rester à une scolarité obligatoire à 16 ans qui remonte a 1959 et ignorer le besoin de la porter à 18 ans et d’assurer à tous une qualification reconnue? Comment  faire progresser le niveau des apprentissages premiers en lecture et en mathématiques, condition essentielle pour une scolarité réussie ? Comment  assurer une véritable égalité des conditions d’enseignement sur l’ensemble du territoire ? Comment assurer au plus grand nombre l’accès au recrutement et la formation professionnelle et scientifique des enseignants ? Comment  défendre le service public face aux ravages de l’enseignement privé en France ? De tout cela, pas un mot, ou presque. Le projet s’inscrit d’emblée dans l’idéologie de l’égalité des chances, de l’existence d’aptitudes individuelles. L’individualisation y reste la règle dont on sait qu’elle profite toujours aux mêmes !

 La première exigence portée par le Front de Gauche pour une véritable transformation de l’école est au contraire la reconnaissance de la capacité de tous à réussir en s’en donnant les moyens. Accoler le terme de culture au socle de connaissance et de compétences n’est qu’un pis-aller qui vise à tenter l’impossible synthèse entre un programme néo-libéral et l’aspiration à un haut niveau de culture pour tous qu’imposent les évolutions sociales, économiques et culturelles de notre époque.

 L’austérité est décidément incompatible avec toute idée d’une refondation égalitaire de notre système d’enseignement. Il est temps de promouvoir un tout autre projet de loi. Nous invitons l’ensemble des citoyens intéressés par l’éducation à se réunir en assemblées citoyennes et à intervenir pour que la page ouverte par la défaite de la droite ne soit pas si vite refermée.

 Paris, le 18 décembre 2012

3 commentaires sur “Ecole, refondation ou continuité ?

  1. Je remercie les camarades pour cette analyse de la loi pour la refondation de l’école. J’ajoute que, personnellement, je suis très inquiète par la présentation globale, écoles publiques et privées réunies, des informations. C’était déjà le cas dans le budget de l’IDF et la citoyenne que je suis n’a jamais pu obtenir le détail séparé. Cela signifie-t-il que l’école privée doit être considérée comme relevant du service public ou, pire, fait-elle partie désormais de l’école de la République ? Est-ce là aussi l’esprit de la loi ?

  2. flo dit :

    Pour ma part, il me semble que la mise en place par les municipalités de l’emploi du temps des écoles et du type d’activités proposées pendant l’APC ressemble fortement à un premier pas vers la privatisation de l’école. L’école : un marché à conquérir …

  3. Sylvain COSTET dit :

    Quand je lis la composition du Front de Gauche de l’ Éducation, je constate l’ absence des enseignants « ordinaires », ceux qui sont sur le terrain tous les jours avec une classe, et plus particulièrement ceux qui sont au front : les profs de collège, les instits de quartiers pauvres et ceux d’ écoles rurales, la problématique spécifique des dites écoles rurales semblant d’ailleurs aussi bien ignorée ici qu’ ailleurs (si vous voulez un coup de main dans ce domaine …). Ça me semble une bonne manière d’ aboutir à des réformes comme celle que nous propose le gouvernement actuel. Par contre, pour une véritable refondation dans l’ optique de la Révolution Citoyenne avec pour but les objectifs affichés dans « l’ humain d’ abord » , j’ ai comme des craintes …

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