Au pied François !

ChienMardi 18 décembre, François Hollande se rendra au dîner organisé par l’un des plus puissants lobbys patronaux français, l’AFEP (Association française des entreprises privées). Il aura donc suffi d’à peine un mois et demi pour que les patrons des 98 entreprises adhérentes (parmi lesquelles Total, Sanofi, LVMH ou L’Oréal, Pages Jaunes, JCDecaux ou Seb) obtiennent non seulement gain de cause sur la majorité des revendications qu’ils avaient exprimées fin octobre dans leur appel pour un « pacte de croissance et d’emploi » relayé par le Journal du Dimanche, mais aussi pour que le Président de la République accoure devant eux après le coup de sifflet.

La méthode avait déjà été éprouvée durant l’été par le Medef qui avait vu une cavalcade gouvernementale se presser à Jouy-en-Josas lors de son université d’été. L’AFEP reçoit donc à son tour les égards que ce gouvernement se croit tenu de lui rendre. Finalement, seuls les salariés de Florange, de Sanofi, de Petroplus ou de Rio Tinto restent dans la salle d’attente, leurs préoccupations n’étant pas jugées prioritaires.

Car au-delà du rendez-vous, François Hollande en bon convive n’arrive pas les mains vides. L’appel de l’AFEP mentionnait en effet : « Nous, dirigeants des plus grandes entreprises privées françaises, proposons au gouvernement un pacte pour relancer la croissance et l’emploi ». Sans surprise, la compétitivité était appelée à la barre afin de « baisser le coût du travail et rendre l’Etat plus économe ». Il faudrait donc selon l’AFEP « baisser le coût du travail d’au moins 30 milliards d’euros sur deux ans, en réduisant les cotisations sociales qui pésent sur les salaires moyens (2 smic et plus). Un transfert financé pour moitié par un relèvement de la TVA de 19,6% à 21% (la moyenne européenne) et l’autre moitié par une baisse des dépenses publiques. Il faut garantir aux entreprises un environnement fiscal favorable et stable en baissant notamment l’impôt sur les sociétés pour le ramener au niveau de nos voisins européens ». Un coup de rapport Gallois et un séminaire sur la compétitivité managé de main de maître par Jean-Marc Ayrault plus tard, François Hollande peut se présenter devant l’AFEP en ayant donné des gages de docilité voire de fidélité.

Pour autant, l’AFEP a de la suite dans les idées. La formation est ainsi elle aussi dans la ligne de mire avec la volonté de voir se développer les « emplois d’insertion, des actions d’embauche inter-entreprises, la mise en réseau de nos centres de formation et le développement de l’apprentissage ». Comme de bien entendu, le crédit d’impôt recherche et les pôles de compétitivité sont les leviers mis en avant. Quant à la transition énergétique, elle repassera une autre fois car pour l’heure, il s’agit pour l’AFEP de « se donner les moyens d’explorer et d’exploiter nos ressources nationales comme les gaz de schiste et rester pragmatique dans la mise en œuvre de la transition énergétique, qu’il s’agisse de réduire nos émissions de CO2 ou notre exposition à la production d’électricité d’origine nucléaire ». Le pire n’est jamais sûr mais il est à craindre tant est grande l’aspiration du gouvernement à répondre aux exigences patronales. En atteste le passage en force à venir sur le Crédit impôt recherche rejeté au Sénat avec les voix du Front de Gauche et d’EE-LV mais que le gouvernement entend imposer à l’assemblée nationale.

C’est dans ce contexte que François Hollande s’apprête à aller faire physiquement allégeance devant l’AFEP pour garantir les intérêts patronaux plutôt que l’intérêt général. Les mois passent et le Président et son gouvernement n’apprennent rien de leurs erreurs et de leurs fautes. S’ils attendent de recevoir des bons points de la part de l’oligarchie aux manettes, c’est raté. La seule chose qu’ils obtiendront, ce sera de conforter une fois encore le royaume de la finance qui poussera encore demain son avantage, trop content de s’enfoncer comme on rentre dans du beurre. A vrai dire, si l’offensive avance à ce rythme, c’est que la ligne de front n’est pas clairement définie par ceux qui au soir du 6 mai disposaient d’un rapport de force favorable mais se retrouvent six mois après à lever la patte au premier appel de leurs maîtres…

3 commentaires sur “Au pied François !

  1. […] La Présidente du Medef a en effet été reçue rue de Solférino par Harlem Désir qui mettait ainsi ses pas dans ceux de…François Hollande qui avait en son temps lui aussi fait courbette devant le baron Seillère. Les roucoulades s’étaient prolongées dès l’été quand les ministres socialistes avaient défilé à l’Université d’été du Medef pour y chanter la sérénade. François Hollande n’avait pas été en reste en dînant aux chandelles avec l’AFEP (Association Française des entreprises privées) le 18 décembre dernier (lire ici). […]

  2. maximilien R dit :

    PS et UMP sont les mêmes chiens avec des colliers différents

  3. maximilien R dit :

    « Je ne suis pas le défenseur du peuple, je suis du peuple. »Maximilien de Robepierre
    F.Hollande n ‘est ni l’un ni l’autre, c’est un androide fabriqué par la finance.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s