Carvounas, la provocation du PS

La prime au mérite version Parti Socialiste ! Luc Carvounas, sénateur du Val-de-Marne, 1er fédéral PS de ce département, et proche de Manuel Valls, est depuis deux ans l’initiateur d’une véritable chasse aux sorcières contre le Front de Gauche dans le Val-de-Marne. Devinez quoi ? Il vient d’être promu secrétaire national du PS aux « relations extérieures » avec les autres partis et formations de gauche !

Pour mémoire, c’est lui qui a planifié lors des élections cantonales de 2011 l’offensive contre le conseil général Front de Gauche du Val-de-Marne. Dans les cantons où les sortants étaient Front de Gauche, il a imposé des alliances à EE-LV au premier tour pour se payer les communistes. Patatras ! Les électrices et les électeurs l’ont renvoyé à ses chères études, préférant le rassemblement et l’engagement aux calculs d’apothicaire. Pas découragé pour un sou, mais surtout méprisant envers le verdict populaire, il s’obstine dans la confrontation et a dès à présent posé les jalons pour s’en prendre aux mairies Front de Gauche en 2014 et à nouveau au conseil général en 2015.

Mais les faits d’arme de Luc Carvounas ne s’arrêtent pas là. Non content d’être un diviseur de la gauche, il cherche aussi à diviser les autres forces de gauche en leur sein. Ainsi, au plein coeur de l’été, il a cru bon de tenter de semer la pagaille au Front de Gauche. Dans un communiqué, il dénonçait la demande du Front de Gauche de soumettre au peuple l’adoption du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) au sein de l’Union Européenne par l’organisation d’un référendum. Il en appelait alors « à la responsabilité politique du Front de Gauche, et plus particulièrement du PCF ». « Caramba ! Encore raté » aurait dit l’autre, il n’y a pas l’épaisseur d’un papier à cigarette entre les différentes composantes du Front de Gauche sur le refus de l’austérité dont le TSCG est à la fois l’outil et le gardien.

De diviseur de la gauche, il s’est par la même occasion mué en diviseur du peuple. Dans le même communiqué, il affiche son mépris pour les 4 millions d’électrices et d’électeurs qui ont porté leur suffrage sur Jean-Luc Mélenchon, et sans qui Nicolas Sarkozy n’aurait pas pu être chassé du pouvoir, en parlant des « mauvais scores électoraux » du Front de Gauche. Notons que pour Luc Carvounas, à plus de 11%, ce sont des « mauvais scores » et à plus de 27%, c’est une « déconvenue électorale ». Ainsi caractérise-t-il le score de Syriza lors des législatives grecques. Syriza a pourtant été projeté de 4,6% des voix en 2009 à 27% au mois de juin, quand ses amis sociaux-démocrates du Pasok encore au pouvoir il y a quelques semaines étaient rejetés plus de 15 % derrière les candidats de l’autre gauche !

Piètre mathématicien, Luc Carvounas s’est depuis reconverti dans la figure menaçante du Commandeur. On l’a entendu tonner il y a quelques jours via un communiqué de presse pour dénoncer la « dérive du Front de Gauche » et exhorter les parlementaires communistes à « l’unité » et au « sens des responsabilités ». La manœuvre visait en réalité à les empêcher d’accomplir leur devoir en leur âme et conscience lors du vote d’un budget d’austérité que les forces progressistes associatives, syndicales et politiques appellent à rejeter. Mais ses leçons de morale ne s’arrêtent pas là. On l’a entendu il y a quelques semaines brandir le bâton devant EE-LV lors du congrès du PS,  en accusant élégamment ce parti « de prendre des circonscriptions et de rejeter le projet du Président de la République ».

Bref, pour Luc Carvounas, tous ceux qui ne se résignent à l’austérité dessinée par Jean-Marc Ayrault et François Hollande sont renvoyés dans le camp adverse. Il ne saurait à ses yeux y avoir d’autre horizon que la rigueur et la saignée pour le peuple. « Pour sortir notre pays de la crise, nous devons construire un nouveau modèle français fondé sur le redressement de nos comptes publics dans la justice et sur la relance de la dynamique d’investissement et de création d’emplois dans les entreprises. Les mesures annoncées par Jean-Marc Ayrault demandent un effort partagé de l’ensemble des acteurs de notre pays, à la mesure des moyens de chacun » lançait-il par exemple le 8 novembre après l’intervention de Jean-Marc Ayrault qui entérinait la capitulation du gouvernement devant le Medef et la finance en reprenant à son compte l’essentiel du sordide rapport Gallois sur la compétitivité.

Préférant s’attaquer à la gauche plutôt qu’à la droite pour assouvir sa soif de conquête, chantre zélé des politiques sécuritaires et d’austérité, c’est à n’en pas douter un drôle de profil pour un secrétaire national du PS aux relations avec les forces de gauche. Cela pourrait juste être cocasse si le message envoyé par le PS n’était en réalité pas celui de la confrontation à gauche et de sa volonté d’en finir avec l’autre gauche au moment même où s’ouvre la perspective d’une nouvelle majorité gouvernementale avec le Front de Gauche, les écologistes et les socialistes refusant les politiques austéritaires. Isolé à gauche sur sa politique, le parti socialiste vient ce faisant d’annoncer vouloir lancer le grand nettoyage. Pas sûr que le peuple l’entende de la même oreille…

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