Principes, volonté et vertu

Dans ses Fragments sur les institutions républicaines, Saint Just nous enseignait : « On veut bien être rigoriste en principes, lorsqu’on détruit un mauvais gouvernement: mais il est rare que, si l’on vient à gouverner soi-même, on ne rejette bientôt ces mêmes principes pour y substituer sa volonté. « 

De principes il n’y a en effet plus. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter Jean-Marc Ayrault sur France Info mercredi 14 novembre nous asséner : « En tant que socialiste, je veux dire en tant que social-démocrate… ». Lionel Jospin pouvait en 2002 nous dire que son programme n’était pas socialiste, Jean-Marc Ayrault va plus loin encore en cherchant à caractériser une évolution dont chacun-e mesure que même le vocable ici employé la minore.

Si c’est à la volonté de prendre le relais, alors on regrette d’avoir affaire à des chevaux de trait plutôt qu’à des coursiers. Depuis six mois, les reniements de principes se traduisent en reculades de gouvernement. S’il faut chosir parmi les trop nombreux exemples, prenons la loi sur les licenciements boursiers, adoptée début 2012 par le Sénat sous le règne de Sarkozy. Le gouvernement qui dispose désormais de la majorité à l’assemblée nationale, n’aurait qu’à y soumettre ce texte pour enfin donner à Arnaud Montebourg un outil plus efficace que le ridicule cor de chasse dans lequel il s’époumone face à la meute des prédateurs de la finance qui n’en a cure et continue à fermer les usines pour mieux engraisser les actionnaires. Là où le principe était acquis, la volonté fait désormais défaut.

Mardi 13 novembre, lors de sa conférence de presse, le Président de la République s’est même fait le chantre de cette dichotomie. Là où l’Engagement n°50 de François Hollande lors de la présidentielle annonçait le principe : « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans », le Président de la République a affirmé que : « Présenter un texte avec le risque de diviser les français pour au bout du compte ne pas le faire passer : je m’y refuse ».

Si les principes et la volonté font pareillement défaut, c’est qu’il manque à ce gouvernement et son chef de file le terreau sans lequel rien ne s’enracine : la vertu.

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