L’art de la guerre

Il y a 25 siècles, Sun Tzu nous livrait en 13 chapitres le premier traité sur la guerre. La duperie était érigée en art légitime au service de la guerre totale. Nicolas Sarkozy l’avait bien compris et l’appliquait avec un succès certain. Mais c’est peu de dire qu’au bout de cinq ans, sa stratégie de perce-muraille de la finance et de l’oligarchie avait été éventée.

Souvenons-nous quand même. Une des innombrables lubies libérales était propulsée sur le devant de la sphère médiatique par un ministre « qui parlait en son nom », savamment certaines fois, bovinement la plupart du temps. La ménagerie de l’intelligentsia frétillait alors et les moutons de Panurge des presses écrites, parlées, télévisuelles, gesticulatoires se relayaient pour alimenter l’écurie en foin. Le garçon de café Fillon commandait alors un rapport sur le sujet. Celui-ci lui était remis deux mois plus tard en grande pompe et sous les ors de la République.

Le dit rapport était en réalité un copier-coller des préconisations du FMI, ou de la BCE, ou de la commission européenne et le plus souvent des trois puisqu’ils disent la même chose. Et de fait, de comparaisons internationales en déclassement annoncé de notre pays, les préconisations étaient toujours les mêmes, quel que soit le rapport commandé : baisser le « coût du travail », libéraliser les services-public, augmenter l’âge de départ en retraite, rallonger la durée légale du travail, geler les salaires…

Grand seigneur, Nicols Sarkozy arrivait alors et, s’arrogeant le statut de protecteur des acquis sociaux, jurait ses grands dieux que telle demande était inenvisageable mais que, par contre, tout le reste du rapport relevait du « bon sens » et représentait la seule échappatoire pour le pays.

Bon je sais, je radote, ce temps est révolu. Ce n’est pas un gouvernement de gauche qui irait commencer son quinquennat en allant ressortir une vieille lune libérale comme la compétitivité, commander un rapport sur le sujet, s’émouvoir de son contenu, et annoncer en séminaire qu’il en reprend la quasi- totalité.

D’ailleurs, à quoi bon puisqu’en aucun cas, un tel gouvernement ne consentirait à pratiquer une politique de classe au profit du patronat et ne saignerait pour cela le peuple de 10 milliards supplémentaires d’imposition injuste à coups de TVA ou ne lui subtiliserait 10 autres milliards de dépenses publiques.

Surtout, aucun gouvernement n’irait pratiquer une politique économique dont tout le monde se rend désormais compte qu’elle envoie dans le mur tous les pays qui la pratiquent. A moins que ce ne soit le passage obligé pour mettre définitivement au pas la « populace » . Une duperie érigée en art légitime au service de la guerre totale en somme.

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