Le Veto ou les chaînes de l’esclavage

Angela Merkel annonçait le 18 octobre devant le Bundestag vouloir confier à la commission européenne un droit de veto sur les budgets et les déficits des Etats de la zone euro. Autrement dit transférer la souveraineté du peuple vers la technostructure au service de l’oligarchie. L’arbitraire du veto contre le Souverain est souvent un signal…

Le 11 septembre 1789, l’Assemblée Constituante votait le droit de veto au roi Louis XVI. C’est le début de deux ans et demi d’assauts de la part de la contre-révolution pour faire bifurquer le cours de l’Histoire qu’était en train d’écrire le Peuple. Sous couvert de monarchie constitutionnelle, les despotes d’hier, bousculés par le Peuple tout l’été, entendaient rester les maîtres de demain. Ce jour-là se formalisait dans l’hémicycle autour de la question de la nature du souverain, une gauche et une droite qui porteraient désormais des intérêts incompatibles, celui du peuple tout entier pour l’une, la défense de la rente et des privilèges pour l’autre.

Le 18 octobre 2012, Angela Merkel se précipitait au Bundestag, avant même le sommet européen qui se tenait l’après-midi à Bruxelles, pour y réaffirmer sa volonté de confier à la commission européenne un droit de veto sur les budgets et les déficits des Etats de la zone euro. Sous couvert de rigueur budgétaire et bien que bousculée par le surgissement à travers l’Europe de l’insurrection populaire, l’oligarchie entendait conforter ses avantages par le règne de la dictature des marchés. Ce jour-là, se formalisait dans toute l’Europe la séparation entre d’un côté ceux qui résisteraient au joug de l’austérité, et de l’autre ceux qui capituleraient devant les intérêts de la finance. Une séparation entre ceux qui défendraient d’un côté les intérêts du peuple tout entier, et ceux qui de l’autre défendraient la rente et les privilèges.

Une fois encore, la rupture avec l’ordre existant apparait aux yeux du grand nombre chaque jour un peu plus comme une nécessité. Cette rupture radicale est de fait un processus révolutionnaire, qui rencontre inévitablement des résistances de la part de ceux qui veulent maintenir les privilèges de la classe dominante, et des acceptations qui valent capitulations de la part de ceux qui n’ont pas entendu Saint-Just nous rappeler que « Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau ».

Mais il est des soubresauts qui sont un signal. Quand l’ancien régime, sûr encore d’une force pourtant déjà évanouie, cherche à restaurer d’autorité son emprise sur le peuple, il perd toute légitimité. Le signal a été donné.

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