Pour un pilotage unique des enseignement professionnels

Tribune publiée sur Newsring le 2 mai 2012

Voilà l’alternance présentée comme réponse à tous les maux de l’école et de la société. Une telle course à l’échalotte en Nicolas Sarkozy et le FN surenchérissant l’un et l’autre à coups de centaines de milliers d’apprentis doit bien cacher quelque chose non ?

Nous ne sommes pas dupes. Ce n’est en aucun cas le bien-être des jeunes et les droits des salariés qui sont au cœur de ce débat. Chacun doit avoir en tête que le quart des contrats d’apprentissage signés sont rompus avant le terme, que les apprentis sont deux fois plus exposés que les autres salariés aux accidents du travail avec un apprenti sur 10 en formation qui subit un accident du travail, que les taux de réussite aux diplômes professionnels sont inférieurs à ceux des lycées professionnels.

Voilà la réalité que la droite cherche à cacher car c’est elle qui a méticuleusement sabordé la voie professionnelle avec le bac pro 3 ans et en fermant 922 classes ces dernières années. Les libéraux cherchent par contre à envoyer le plus de jeunes possible en apprentissage car ils visent à une déscolarisation d’une partie de la jeunesse, une marchandisation et un transfert vers les Régions des «coûts». Il n’a pas échappé au Président de la République et à ses porte-plumes que l’apprentissage sort les jeunes du statut scolaire. Ils n’entrent dès lors plus la première année dans les chiffres du chômage, alors même que 25% des contrats sont rompus les premiers mois. De quoi ravir les agences de notation !

Sarkozy et ses sbires méprisent la voie de l’apprentissage ! Ce sont eux qui souhaitent lui faire porter la totalité de la voie professionnelle. Ils nient ainsi sa spécificité et son apport. Ils occultent le fait que ce n’est pas une méthode de masse généralisable à tous les jeunes et à toutes les professions. Nombre de métiers sont incompatibles avec l’apprentissage «sur le tas», à moins de demander à chaque patron d’ouvrir une école dans chaque entreprise, d’y mettre un maître et de laisser les jeunes s’exercer sur les machines… Mais pour cela, les patrons eux-mêmes sont gréés à l’Education Nationale de s’en occuper, car eux savent que pas plus que l’Ecole ne saurait être une entreprise, une entreprise n’est pas l’Ecole !

Ce qu’il faut, c’est un pilotage unique des enseignements professionnels qui entraîne la fluidité nécessaire pour permettre à un jeune de pousser le plus loin possible son niveau de qualification : à chaque obtention de diplôme on lui propose la qualification supérieure et on lui offre la possibilité d’y accéder. N’en déplaise aux tenants du libéralisme, le diplôme délivré par l’Etat reste l’unique qualification permettant au travailleur de passer d’un poste à un autre. Il est le moyen, par la reconnaissance dans les conventions collectives, de fixer les grilles de salaire. Nous ne sommes pas l’Allemagne, la République française n’est pas la « République contractuelle » : la loi sociale est la même pour tous et l’ouvrier n’est pas celui d’une entreprise mais celui de la Nation.

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